À peine nommée ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Djami Diallo hérite déjà d’un dossier sensible. Sur sa table figure un mémorandum revendicatif du Syndicat national autonome de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (SNAESURS), qui met en avant une série de préoccupations liées aux conditions académiques, professionnelles et statutaires des enseignants-chercheurs et chercheurs.
Dans un message publié sur son compte Facebook, la nouvelle ministre a exprimé sa gratitude au président de la République, Mamadi Doumbouya, ainsi qu’au Premier ministre pour la confiance placée en elle.
« Cet honneur m’engage et je mesure pleinement la responsabilité qui m’incombe », a-t-elle déclaré, promettant de consacrer son énergie à « un enseignement supérieur et une recherche scientifique d’excellence, au bénéfice de la jeunesse et du développement de la Guinée ».
Mais cette ambition affichée intervient dans un contexte marqué par de fortes attentes du monde universitaire. Dans son mémorandum transmis le 22 juillet 2026 au département, le SNAESURS a formulé douze principales revendications regroupées autour de huit axes.
Au cœur des préoccupations du syndicat figure l’application effective de l’autonomie des établissements publics à caractère scientifique. Le SNAESURS dénonce notamment ce qu’il considère comme des limites dans la gestion administrative, financière et académique des universités et institutions de recherche.
La formation des formateurs constitue également une priorité. Le syndicat réclame la reprise du programme « 5 000 Masters et 1 000 PhD », ainsi que le financement des enseignants inscrits dans des parcours de Master et de Doctorat.
Autre point majeur : le financement de la recherche scientifique. Le SNAESURS demande l’opérationnalisation du fonds de recherche prévu par les textes, le soutien aux publications scientifiques, la participation aux rencontres scientifiques internationales et la modernisation des laboratoires et infrastructures universitaires.
Le mémorandum aborde aussi la situation administrative des personnels. Le syndicat réclame notamment l’engagement des enseignants-chercheurs et homologues ayant satisfait aux opérations de biométrie, la régularisation des contractuels, le paiement des arriérés de salaires ainsi que la signature des contrats d’objectif et de performance.
La question des rémunérations occupe également une place importante dans les revendications. Le SNAESURS demande l’application des dispositions du décret du 24 janvier 2024, notamment le paiement des primes liées aux publications scientifiques, aux risques professionnels dans les laboratoires et aux engagements issus des négociations avec le gouvernement.
Parmi les autres exigences figurent le reclassement exceptionnel des détenteurs de Master au grade d’Assistant, la signature du statut particulier des enseignants-chercheurs et chercheurs, ainsi que l’amélioration des conditions de travail et de protection sociale des personnels.
Tout en affirmant privilégier le dialogue social, le syndicat demande l’ouverture de discussions dans un délai de trente jours afin d’établir un calendrier précis de mise en œuvre des engagements. Il prévient toutefois qu’en l’absence de réponses satisfaisantes, des actions syndicales pourraient être envisagées avant la prochaine rentrée universitaire.
Entre la promesse d’un enseignement supérieur plus performant et les revendications persistantes des acteurs du secteur, Djami Diallo entame sa mission dans un environnement où les attentes sont nombreuses.
Laguinee.info





