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CPI : le Tchad claque la porte et accuse une justice « à géométrie variable »

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Le divorce est consommé. Le Tchad tourne le dos à la Cour pénale internationale (CPI). Le gouvernement tchadien a officiellement notifié aux Nations unies sa décision de se retirer du Statut de Rome, dénonçant une institution qu’il accuse de pratiquer une justice « à deux vitesses ».

Pour les autorités tchadiennes, la CPI aurait progressivement perdu son équilibre en concentrant l’essentiel de ses enquêtes et poursuites sur le continent africain. N’Djamena fustige une justice jugée « sélective » et estime que l’institution serait devenue un outil de pression politique contre certains États.

« La justice internationale ne peut pas être crédible si elle ne s’applique pas avec la même rigueur à tous », défend en substance le gouvernement tchadien.

Un retrait qui ne sera pas immédiat

Le départ du Tchad de la CPI ne prendra pas effet dès l’annonce. Selon les dispositions du Statut de Rome, un délai d’un an est nécessaire avant la sortie définitive de l’organisation.

Durant cette période, N’Djamena reste soumis aux obligations liées à son appartenance à la Cour et doit continuer à coopérer avec elle.

Une situation paradoxale pour un pays qui figurait jusque-là parmi les États africains ayant collaboré avec la CPI, notamment dans les enquêtes liées aux crimes commis au Darfour.

Après le Sahel, le Tchad rejoint la contestation

La décision tchadienne intervient dans un contexte de défiance croissante envers la CPI sur le continent africain. Avant N’Djamena, le Mali, le Burkina Faso et le Niger avaient également annoncé leur retrait.

Une série de départs qui fragilise davantage la présence africaine au sein de la Cour et relance un vieux débat : la CPI est-elle un véritable instrument de justice universelle ou une institution appliquant ses règles de manière inégale ?

Les défenseurs des droits humains tirent la sonnette d’alarme

Si le gouvernement tchadien présente son retrait comme un acte de souveraineté, les organisations de défense des droits humains alertent sur les conséquences possibles pour les victimes de violences graves.

Elles craignent un recul dans la lutte contre l’impunité, notamment pour les crimes commis lors des épisodes de violences qui ont marqué l’histoire récente du pays.

Entre accusation de partialité et crainte d’un affaiblissement de la justice internationale, le départ du Tchad ouvre une nouvelle bataille diplomatique autour de l’avenir de la CPI en Afrique.

Laguinee.info

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