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Accidents de la route : Ousmane Gaoual s’attaque aux « arrangements sociaux » qui freinent les sanctions

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Face à la recrudescence des accidents mortels sur les routes guinéennes, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, hausse le ton. Il estime que les drames ne sont pas seulement la conséquence de l’indiscipline routière, mais aussi d’une pratique qui, selon lui, empêche l’État de faire appliquer la loi : les règlements à l’amiable entre les familles des victimes et celles des auteurs des accidents.

Intervenant lundi 27 juillet lors d’une conférence de presse, le ministre a dénoncé ces compromis sociaux qui, selon lui, privent la justice de son rôle.

« Lorsqu’un chauffeur fait un accident et tue des gens, les parents du chauffeur ou de l’entreprise se retrouvent, vont voir les parents de la victime, ils essaient de faire une transaction sociale, on présente les excuses, les condoléances, on se pardonne, on prie, on ne judiciarise pas le processus. Or, lorsqu’on ne judiciarise pas le processus, l’État a du mal à sanctionner. C’est un problème », a-t-il déclaré.

Pour Ousmane Gaoual Diallo, la Guinée ne souffre pas d’un manque de lois, mais plutôt d’un déficit dans leur application.

« Le Code de la route est là. Quand il y a des manquements, le Code pénal est là pour sanctionner. Donc il n’y a pas de vide juridique en réalité. Mais qu’est-ce qu’on en fait pour préserver les vies des passagers ? », s’est-il interrogé.

Le ministre a également rejeté toute idée de fatalité. À ses yeux, la plupart des accidents trouvent leur origine dans des comportements dangereux et le non-respect des règles de circulation.

Il a cité plusieurs pratiques qu’il juge préoccupantes, notamment les excès de vitesse, les véhicules surchargés, le transport simultané de passagers et de marchandises, ainsi que les défaillances dans les contrôles routiers.

« Tout le monde sait qu’on ne mélange pas les bagages et les passagers. Pourtant, on continue de le faire. Souvent, nous conduisons nous-mêmes nos proches à la gare routière et nous les faisons monter dans ces véhicules. Puis, lorsque le drame survient, tout le monde est choqué », a-t-il regretté.

Le porte-parole du gouvernement appelle à une responsabilité partagée. Chauffeurs, passagers, gestionnaires de gares routières, forces de sécurité et médias doivent, selon lui, contribuer à réduire le nombre d’accidents.

Dans cette optique, il annonce un plan d’urgence destiné à renforcer les contrôles routiers. Celui-ci prévoit notamment l’équipement des policiers en caméras afin d’identifier les auteurs d’infractions et de les sanctionner, même après les faits.

Ousmane Gaoual Diallo envisage également de diffuser des images d’accidents de la circulation pour sensibiliser davantage les usagers.

« Que les gens voient comment les hommes sont broyés, comment des morceaux de viande sont déchiquetés. Peut-être qu’avec ce choc, ils prendront conscience de ce qu’est réellement la route. Ce n’est pas une boucherie », a-t-il déclaré.

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