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Mamadou Diallo, 17 ans, vend des accessoires de téléphone pour payer ses fournitures scolaires

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Il est 14 heures. Le ciel est bas, chargé de nuages gris. Une fine bruine s’installe sur les pavés détrempés du marché de Kountia. Sous un auvent de fortune, bricolé avec une bâche en plastique et des piquets de bois, Mamadou Diallo, 17 ans, est accroupi derrière sa petite table. Devant lui, des écouteurs, des chargeurs, des vitres de protection et des coques de téléphone sont soigneusement rangés à l’abri de l’humidité.

À cet âge où beaucoup de jeunes profitent encore des vacances, lui, élève en 12ᵉ année Sciences sociales au lycée Kountia, est à son poste. Depuis deux ans, il tient ce petit commerce, une activité qu’il partageait d’abord avec son père avant de prendre son propre comptoir. Un choix dicté par la nécessité.

« J’ai commencé pour aider mes parents. Je voyais leurs efforts. Je ne voulais plus qu’ils portent toutes les dépenses seuls », confie Mamadou, en essuyant distraitement une goutte d’eau qui perle sur sa table.

Un jeune commerçant sous la pluie à Coyah, protégeant sa marchandise sous une bâche, le regard déterminé

Un commerce devenu indispensable

Ce n’est pas un job d’été comme un autre. Pour Mamadou, cette activité est devenue un pilier, surtout en cette saison pluvieuse où les clients se font plus rares. L’argent qu’il gagne lui permet d’acheter ses fournitures scolaires, ses vêtements, et chaque semaine, il reverse une partie de son bénéfice à ses parents pour participer aux charges de la maison.

« Le téléphone, aujourd’hui, tout le monde en a besoin. Et les accessoires, ça se vend vite, même sous la pluie », explique-t-il avec un sourire malicieux, tout en surveillant du coin de l’œil l’averse qui redouble d’intensité.

Pourtant, le chemin est semé d’embûches. De 8 heures à 18 heures, il reste debout, à négocier, à ranger, à attendre le client, les pieds dans l’eau parfois. La pluie s’infiltre partout. Certains passants le dévisagent avec condescendance, lui rappelant son jeune âge. « Certains clients ne me respectent pas. Ils pensent que je suis trop jeune pour vendre », souffle-t-il, une pointe de lassitude dans la voix.

Il y a eu des jours où il a voulu tout arrêter. Mais les encouragements de quelques clients fidèles le retiennent : « Ils me disent : ‘Continue les études, ne lâche rien.’ »

Étudiant le jour, commerçant sous la pluie

Mamadou ne veut pas être qu’un commerçant. Il a les yeux tournés vers l’administration guinéenne. Son rêve : devenir un grand cadre, un haut responsable. « Je veux montrer qu’on peut travailler tout en restant à l’école », insiste-il.

Cette double vie exige une organisation rigoureuse. Ses enseignants sont au courant de son activité. Certains l’encouragent à ne pas négliger les cours, d’autres l’admirent en silence. Lui sait que le commerce peut lui prendre du temps, alors il s’efforce de ne jamais laisser les études de côté, même quand la pluie menace d’emporter son étal.

Un rêve plus grand que le petit marché

Au début, ses parents n’étaient pas convaincus. Ils voulaient qu’il se consacre entièrement à l’école. Mais sa persévérance a fini par les rassurer. Son grand frère, lui, a été son principal soutien.

Aujourd’hui, à 17 ans, Mamadou porte sur ses épaules des responsabilités d’adulte. Il a appris la patience, la valeur de l’argent, et le poids des sacrifices. Le petit commerçant de Kountia ne se contente plus de vendre des accessoires. Il se projette : « Un jour, j’ouvrirai ma propre boutique. Et je rendrai mes parents fiers. »

Alors que les dernières gouttes s’épuisent et que le ciel s’éclaircit un peu, Mamadou range précautionneusement sa marchandise sous la bâche. Demain, il sera encore là, sous la pluie ou sous le soleil, avec son petit étal, ses rêves d’étudiant, et cette détermination qui force le respect.

 

Mamadou Lamarana Diallo & Mamadou Oury Diallo, stagiaires pour Laguinee.info

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