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Sur les pistes difficiles de Kouria, les taxis-motos portent le quotidien des habitants

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Dans la commune rurale de Kouria, se déplacer relève parfois d’un véritable parcours du combattant. Faute de moyens de transport en commun et face à l’état dégradé des routes reliant le centre aux villages environnants, les habitants dépendent largement des taxis-motos. Une solution devenue indispensable, mais dont le coût pèse de plus en plus sur le budget des usagers.

Un conducteur de taxi-moto transporte une passagère sur une piste reliant le centre de Kouria à une localité environnante. Dans cette zone, les motos-taxis restent le principal moyen de déplacement des habitants. © Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire pour Laguinee.info | 25 juillet 2026

Le bruit des moteurs de motos résonne dès les premières heures de la journée dans les rues de Kouria. Au centre-ville, les conducteurs de taxis-motos attendent leurs clients, prêts à emprunter les pistes qui relient la commune aux localités environnantes.

Pour plusieurs habitants, ces engins à deux roues ne sont plus un simple moyen de déplacement. Ils sont devenus le seul lien entre leurs villages et le centre de Kouria.

Sur les axes qui mènent vers Baska, Missidara ou encore Dabond, la circulation est souvent difficile. La poussière en saison sèche, les creux et les zones boueuses pendant l’hivernage compliquent les trajets. En l’absence de transport en commun, les populations n’ont d’autre choix que de faire appel aux taxis-motos.

Un taxi-moto stationné dans le centre de Kouria en attente de clients. Pour plusieurs habitants, ce moyen de transport reste indispensable au quotidien.© Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire pour Laguinee.info | 25 juillet 2026

Mais cette dépendance a un coût.

Au marché de Kouria, Mariame Baldé ajuste ses achats avant de rentrer chez elle. Pour elle, chaque déplacement représente une dépense supplémentaire qu’il faut désormais intégrer dans le budget familial.

« Le transport est cher. Même pour aller au marché, je paie 10 000 francs guinéens pour la moto, uniquement pour l’aller. Parfois, je suis obligée de faire les achats de toute la semaine afin de limiter mes dépenses de transport », explique-t-elle.

À quelques mètres de là, Aïcha Chérif, commerçante, partage la même préoccupation. Pour rejoindre le marché chaque jour, elle doit prévoir une somme importante pour ses déplacements.

« Depuis chez moi, je paie 30 000 francs guinéens de transport par jour. Lorsque je transporte beaucoup de marchandises, je paie encore plus. Heureusement, certains taxis-motos qui me connaissent acceptent parfois de réduire le prix, mais ce n’est pas toujours le cas », témoigne-t-elle.

Du côté des conducteurs, les tarifs appliqués ne sont pas seulement liés à la distance parcourue. Ils évoquent également les réalités du terrain.

Assis sur sa moto au bord de la route, Amadou Ramadan Bah explique que l’état des pistes influence directement les conditions de travail.

« Les gens disent que le transport est cher, mais les routes dans les quartiers sont en mauvais état. Les tarifs sont fixés pour les trajets les plus proches. Au-delà, chaque conducteur fixe son prix en fonction de la distance et de l’état de la route », affirme-t-il.

Pour lui, les motos subissent également les conséquences de ces routes difficiles.

« Quand la route est mauvaise, les motos s’abîment rapidement. Il faut souvent réparer les engins et cela représente des dépenses pour nous », ajoute-t-il.

Un autre conducteur, connu sous le surnom de Petit Bah par ses collègues, partage le même constat. Selon lui, les conditions de circulation obligent parfois les conducteurs à revoir leurs tarifs.

« Les déplacements sont difficiles. Les routes dégradées fatiguent les motos et augmentent les charges d’entretien. C’est aussi ce qui explique certains prix », soutient-il.

À Kouria, les taxis-motos occupent donc une place centrale dans la mobilité quotidienne. Pour aller au marché, rejoindre un lieu de travail ou accéder aux services essentiels, les habitants comptent sur ces conducteurs.

Mais derrière cette dépendance se cache une réalité plus complexe : des routes difficiles d’accès, l’absence de transport collectif et des coûts de déplacement qui pèsent sur les ménages.

En attendant une amélioration des infrastructures et l’arrivée éventuelle d’autres moyens de transport, les habitants continuent de composer avec cette réalité. À Kouria, chaque trajet devient une négociation entre nécessité de se déplacer et capacité à payer.

Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire, pour Laguinee.info 

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