À Takhoui, dans la sous-préfecture de Kouria, l’arrivée des grandes pluies change le quotidien des habitants. Le bas-fond qui traverse la localité, paisible et praticable pendant la saison sèche, devient un passage naturel pour les eaux de ruissellement. À chaque forte averse, les riverains redoutent la montée des eaux qui complique les déplacements et menace certaines habitations construites à proximité.

Sur place, le décor témoigne de cette réalité. Les chemins deviennent difficiles à emprunter, les habitants modifient leurs itinéraires et certains préfèrent éviter les zones proches du bas-fond lorsque les pluies s’intensifient. Une situation qui rappelle les risques auxquels sont exposées plusieurs familles installées dans cette partie de Kouria.

Installée à Takhoui depuis trois ans, Djenab Bangoura connaît bien ces difficultés. Selon elle, les problèmes apparaissent principalement pendant l’hivernage.
« Quand c’est la saison sèche, il n’y a aucun problème. Mais pendant la saison des pluies, nous avons des problèmes de déplacement. Nous traversons ce cours d’eau pour aller au marché, mais quand il pleut, nous sommes obligés de contourner », explique-t-elle.

À quelques mètres de là, Pépé Lamah, un autre habitant du secteur, observe avec inquiétude l’évolution de la situation. Sa concession n’a pas encore été touchée par les eaux, mais il affirme que certains voisins ont déjà subi les conséquences des constructions dans cette zone.
« Personnellement, l’eau n’est jamais rentrée chez nous. Mais dans les concessions voisines, elle est déjà rentrée. Il y en a un à côté qui avait construit pendant la saison sèche et, dès les premières pluies, l’eau a emporté sa maison », raconte-t-il.

Face à ce souvenir, l’inquiétude demeure: « Je prie le bon Dieu que ce qui est arrivé à notre voisin ne nous arrive pas », ajoute-t-il.
Plusieurs riverains sollicités sur place ont toutefois préféré ne pas témoigner. Certains évoquent la peur de s’exprimer sur une situation qui touche directement leur cadre de vie.

À Takhoui, l’hivernage impose ainsi un nouveau rythme aux habitants. Entre déplacements compliqués, inquiétudes liées à la montée des eaux et crainte de voir leurs habitations affectées, les familles installées près du bas-fond vivent chaque saison des pluies avec une attention particulière portée au ciel.
Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire, pour Laguinee.info





