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Dubréka : un commandant de la BAC 14 accusé dans une vente de terrain contestée

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Une Guinéenne résidant au Royaume-Uni affirme avoir perdu plus de 100 millions de francs guinéens dans l’acquisition de deux parcelles à Dubréka. Elle met en cause le commandant Mohamed Bangoura, de la BAC 14 de Dubréka, qu’elle présente comme intermédiaire dans la transaction. Contacté, l’officier reconnaît l’existence du différend mais n’a pas souhaité s’exprimer sur le fond du dossier.

Une affaire foncière oppose Hawa Eva Camara, une Guinéenne vivant à Londres, au commandant Mohamed Bangoura, responsable de la Brigade anticriminalité (BAC 14) de Dubréka. La plaignante affirme avoir déboursé plus de 100 millions de francs guinéens pour l’acquisition de deux parcelles qui feraient aujourd’hui l’objet d’un litige.

Selon Hawa Eva Camara, les faits remontent à janvier 2025. Alors qu’elle se trouvait au Royaume-Uni, sa sœur recherchait un terrain à acheter en Guinée, mais elle n’était pas prête à procéder à l’acquisition à ce moment-là. Le mari d’Eva a décidé d’acheter le terrain à sa place.

Le commandant Mohamed Bangoura leur a proposé deux parcelles pour un montant initial de 100 millions de francs guinéens. Il leur a ensuite indiqué avoir obtenu une réduction auprès du propriétaire, ramenant le prix total à 95 millions de francs guinéens.

Selon Hawa Eva Camara, ce montant ne comprenait pas plusieurs frais supplémentaires liés à la transaction, notamment les frais de possession, les documents administratifs, le défrichage et le nettoyage du terrain, le bornage des parcelles ainsi que les démarches relatives à l’obtention du titre foncier.

Des travaux interrompus

Après le début des travaux sur le terrain, un homme s’est présenté sur les lieux et a demandé aux ouvriers qui les avait envoyés travailler sur cette parcelle. Il leur a alors affirmé que le terrain ne leur appartenait pas.

Après plusieurs discussions entre cet homme et les ouvriers, les responsables locaux du secteur auraient expliqué que le commandant Bangoura n’avait pas effectué le paiement intégral du terrain, ce qui serait à l’origine du différend.

Informée de la situation, Hawa Eva Camara affirme avoir immédiatement contacté le commandant Bangoura. Selon elle, celui-ci lui a demandé de ne pas s’inquiéter et lui a assuré qu’il réglerait le problème.

Quelques jours plus tard, elle dit avoir reçu un appel du commandant Bangoura l’informant que ses ouvriers pouvaient reprendre les travaux et que plus aucun incident ne se produirait. Les ouvriers ont alors poursuivi leurs activités et achevé la partie des travaux déjà entamée.

Quelques mois plus tard, lorsqu’elle a souhaité envoyer de nouveaux fonds afin de poursuivre les travaux, son chef de chantier lui aurait annoncé qu’un problème majeur était survenu. Selon les informations qui lui ont été communiquées, le terrain a été vendu à deux acquéreurs différents et l’affaire faisait désormais l’objet d’une procédure judiciaire. Les travaux ont donc été suspendus.

Hawa Eva Camara affirme avoir ensuite multiplié les tentatives pour joindre le commandant Bangoura afin d’obtenir des explications, mais celui-ci a cessé de répondre à ses appels pendant plusieurs mois.

Selon son témoignage, elle serait finalement parvenue à le joindre en utilisant un autre numéro de téléphone. À cette occasion, le commandant Bangoura lui aurait proposé en compensation dix parcelles situées à Forécariah.

Après avoir visité les lieux, Hawa Eva Camara et sa famille ont refusé cette proposition, estimant que les terrains étaient situés dans une zone très éloignée et insuffisamment développée pour leur projet.

La plaignante soutient que cette affaire a également eu de lourdes conséquences sur sa vie personnelle.

Mariée depuis 23 ans à un ressortissant ivoirien, elle explique que cette situation a profondément affecté son foyer :

« J’avais confiance en lui parce qu’il nous avait déjà aidés dans le passé. Je n’aurais jamais imaginé qu’une telle situation puisse se produire. Cette affaire m’a profondément affectée et a eu un impact considérable sur ma vie personnelle et familiale. J’ai honte. Je ne dors pas. Après 23 ans de mariage, je n’ose pas affronter mon mari. Il a déjà été victime d’une situation similaire dans son pays et cela se reproduit aujourd’hui en Guinée », confie-t-elle.

Le commandant reconnaît un différend

Contacté par téléphone par notre rédaction, le commandant Mohamed Bangoura n’a pas contesté l’existence du litige.

Il a toutefois indiqué ne pas être en mesure de faire des déclarations par téléphone sur cette affaire, précisant qu’en sa qualité de commandant d’unité, le dossier a été porté à la connaissance de la direction de la police judiciaire.

À ce stade, selon les informations disponibles, aucune procédure judiciaire n’a encore été engagée. Le dossier demeure un différend foncier dans lequel les versions des parties restent opposées.

 

IAC, pour Laguinee.info

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