Le ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso a adressé une note verbale à la Délégation de l’Union européenne à Ouagadougou, en réaction à une résolution adoptée par le Parlement européen le 18 juin 2026, intitulée « Persistance de la répression de l’espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso ».
Dans ce document diplomatique, le gouvernement burkinabè exprime sa « vive indignation » et sa « grande déception », estimant que cette résolution constitue une « ingérence inacceptable » dans les affaires intérieures du pays. Les autorités de Ouagadougou invoquent notamment les principes de la Charte des Nations Unies, en particulier ceux relatifs à la souveraineté des États et à la non-ingérence.
Le gouvernement burkinabè qualifie également la résolution de « partiale » et « infondée », reprochant au Parlement européen de s’appuyer sur des informations jugées erronées concernant la situation nationale. Il affirme que cette position ne prend pas en compte, selon lui, les progrès enregistrés dans la lutte contre le terrorisme et la reconquête du territoire.
Dans sa note, Ouagadougou accuse certains parlementaires européens d’adopter une approche qualifiée de « paternaliste » et de méconnaître les réalités du terrain. Le document évoque également des critiques sur les politiques européennes, en rappelant que des crises humanitaires et des violations des droits humains existent également en Europe et dans son voisinage.
Le texte revient par ailleurs sur les causes de l’instabilité sécuritaire dans la région sahélienne, imputant notamment la situation à l’intervention militaire de l’OTAN en Libye en 2011, considérée par les autorités burkinabè comme un facteur ayant favorisé la prolifération des groupes armés et des réseaux criminels.
Le gouvernement affirme que des « avancées significatives » ont été enregistrées grâce à l’action des forces de défense et de sécurité, des Volontaires pour la Défense de la Patrie et de la population, tant sur le plan sécuritaire que dans le cadre du développement.
Tout en réaffirmant sa volonté de maintenir un dialogue avec l’Union européenne, le Burkina Faso précise que celui-ci doit se faire, selon les termes de la note, dans un cadre de respect mutuel et sans « injonctions ». Les autorités concluent en rejetant la résolution européenne, qu’elles déclarent « nulle et de nul effet », et réaffirment leur engagement à poursuivre leurs politiques de sécurisation et de refondation de l’État.
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