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L’AES contre-attaque après la résolution du Parlement européen sur Bazoum : le choc des souverainetés

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La Confédération des États du Sahel (AES) a publié un communiqué officiel le 19 mars 2026 pour dénoncer vigoureusement la résolution adoptée par le Parlement européen le 12 mars 2026, relative à la détention de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum. Signé par le Capitaine Ibrahim Traoré, président en exercice de la Confédération, le texte qualifie cette résolution d’ingérence inacceptable dans les affaires d’un État souverain.

Une résolution européenne. Une réponse africaine immédiate. Le ton est donné.

L’AES monte au créneau

Douze jours après l’adoption de la résolution intitulée « Résolution du Parlement européen sur la détention arbitraire du Président Mohamed Bazoum par la junte au Niger », la Confédération des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a répondu par un communiqué sans ambages. Le texte, rendu public depuis Ouagadougou, exprime ce que l’organisation qualifie de « vive indignation » face à ce qu’elle perçoit comme une intrusion délibérée dans ses affaires intérieures.

La Confédération ne mâche pas ses mots. Elle « condamne avec fermeté cette ingérence grave, concertée et délibérée », estimant que le Parlement européen a agi sous couvert d’une « prétendue humanité » tout en choisissant, selon elle, une sélectivité « inopportune et malveillante ».

Des accusations de deux poids, deux mesures

L’AES reproche au Parlement européen de passer « sous un silence assourdissant » des violations qu’elle juge pourtant réelles et documentées : atteintes répétées au droit international, enlèvement d’un chef d’État et assassinat d’un leader religieux et spirituel. Elle pointe également l’absence de réaction européenne face à ce qu’elle décrit comme une crise sécuritaire orchestrée, que traverse la région depuis plus d’une décennie, et lors de laquelle des populations civiles innocentes ont été victimes d’attaques qualifiées de « barbares ».

Pour la Confédération, cette sélectivité n’est pas anodine. Elle révèle, selon elle, des intentions bien précises : « le rétablissement d’un système créé et entretenu pour ne servir que les intérêts de l’ancienne puissance coloniale, au détriment des aspirations légitimes des populations du Sahel. »

Un rejet catégorique de toute leçon de gouvernance

Le communiqué s’en prend également à ceux qu’il appelle « un groupuscule d’acteurs connus, animés d’un paternalisme rétrograde, nostalgiques d’un passé colonial révolu », accusés d’avoir réussi à rallier à leur cause une majorité de députés européens. L’AES précise toutefois que ces derniers « sont certainement de bonne foi », à l’instar des populations européennes qu’ils représentent.

La Confédération se montre catégorique sur un point : elle « n’a ni d’injonctions, ni de leçons de gouvernance à recevoir ». Mieux, elle invite ses interlocuteurs européens à « recentrer leurs efforts sur la gestion de leurs propres crises sociétales » plutôt que de se faire, selon ses termes, « la source de fausses informations ».

Une résolution jugée sans effet sur la marche de l’AES

Dans sa conclusion, la Confédération affirme que cette résolution est « totalement en déphasage avec la nouvelle dynamique politique, économique et sociale enclenchée par les peuples de l’espace confédéral » et qu’elle ne saurait « en aucun cas influencer sa marche ».

Le communiqué est signé par le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, Chef de l’État et Président en exercice de la Confédération des États du Sahel, depuis Ouagadougou, le 19 mars 2026.

-La tension entre l’AES et les institutions européennes n’est pas nouvelle. Mais ce communiqué marque un nouveau palier dans l’affirmation souveraine des trois pays du Sahel  et laisse présager que le dialogue entre les deux blocs restera, pour l’heure, particulièrement difficile à renouer.

Laguinee.info

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