La perspective d’une interdiction des plastiques à usage unique en Guinée suscite l’inquiétude chez plusieurs propriétaires de petites unités de production d’eau minérale. Parmi eux, Abdoulaye Barry, gérant de l’usine d’eau Diani, redoute des conséquences importantes sur l’emploi et l’activité économique.
Selon lui, son entreprise emploie actuellement entre 14 et 15 personnes, en plus de travailleurs journaliers. « Aujourd’hui, nous employons 14 à 15 personnes. Mais nous n’avons pas les moyens de passer aux emballages en plastique rigide (PET) », explique-t-il.
Le chef d’entreprise estime qu’un changement de conditionnement entraînerait une hausse des coûts de production, avec un impact direct sur les consommateurs. « Quand on passe aux bouteilles PET, le prix ne serait plus à 500 francs guinéens. Cela va augmenter et la population va souffrir », affirme-t-il.
Abdoulaye Barry rappelle également que les entreprises du secteur contribuent aux recettes publiques à travers diverses taxes.
« Nous payons une taxe annuelle de salubrité qui peut atteindre 1,5 à 2 millions de francs guinéens, voire davantage selon la capacité de l’entreprise », précise-t-il, reconnaissant les préoccupations environnementales liées aux déchets plastiques.
Il plaide pour des solutions alternatives plutôt qu’une interdiction totale des plastiques à usage unique.
« Il faut trouver d’autres alternatives pour canaliser au moins le plastique. Ensemble, nous pouvons trouver des moyens pour gérer les déchets », soutient-il.
Le gérant met aussi en avant les initiatives de recyclage existantes et les actions de collecte menées localement dans son quartier.
« Quand nous produisons du plastique, il existe des unités de recyclage. Personnellement, je demande aux enfants de ramasser les déchets plastiques chaque dimanche dans notre quartier. C’est une source de revenus pour eux », indique-t-il.
Alors que le débat sur l’interdiction des plastiques à usage unique se poursuit, les acteurs du secteur appellent les autorités à concilier protection de l’environnement, préservation des emplois et maintien du pouvoir d’achat des consommateurs.
IAC, pour Laguinee.info





