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Scrutin du 31 mai : le Bloc Libéral conteste et promet une bataille judiciaire

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 À mesure que se prolonge l’attente des résultats globaux des élections communales et législatives du 31 mai, le climat politique se tend. Le Bloc Libéral (BL) est monté au créneau ce mercredi à Conakry pour dénoncer ce qu’il qualifie de « violations systématiques du Code électoral » et annoncer une prochaine saisine de la Cour suprême.

Dès l’ouverture de la conférence de presse, le ton est donné. « Nous allons saisir la Cour suprême », ont affirmé les responsables du parti, évoquant une démarche judiciaire une fois les résultats officiels publiés.

Des démarches déjà engagées auprès des institutions

Le parti affirme ne pas agir dans l’improvisation. Selon ses responsables, plusieurs correspondances ont déjà été adressées aux institutions en charge du processus électoral et du contrôle des opérations.

Le Bloc Libéral dit avoir saisi l’ONASUR, la Direction Générale des Elections, la Cour suprême ainsi que les missions d’observation nationales et internationales, afin de signaler les irrégularités constatées sur le terrain.

Dans ce contexte, la Direction générale des élections a récemment rappelé sa position. Sa directrice générale a indiqué que les contestations liées au processus électoral relèvent des voies légales existantes, invitant les acteurs politiques à saisir les juridictions compétentes pour faire valoir leurs droits, conformément aux dispositions en vigueur.

Des accusations centrées sur le dépouillement

Au cœur des critiques formulées par le Bloc Libéral figure la question du dépouillement des bulletins de vote. Pour le parti, les règles prévues par la loi électorale n’auraient pas été respectées dans plusieurs circonscriptions.

Oumar Sanoh, président du parti, a longuement insisté sur les dispositions du Code électoral. « Les articles 89, 90, 91, 110 et 290 du Code électoral établissent pourtant des garanties claires et impératives. Ils consacrent le principe selon lequel le dépouillement doit être effectué dans chaque bureau de vote, immédiatement après la clôture du scrutin, sous le contrôle effectif des représentants des candidats et des listes en compétition. Ils imposent l’établissement, la signature, l’affichage et la publicité des procès-verbaux avant toute opération de centralisation », a-t-il expliqué.

Selon lui, ces exigences visent à garantir la transparence du processus et à éviter toute manipulation des résultats. Le parti estime toutefois que ces principes auraient été « largement ignorés » dans certaines localités.

Des dysfonctionnements allégués sur le terrain

Le Bloc Libéral affirme que plusieurs remontées du terrain font état de pratiques contraires au Code électoral. Ces informations proviendraient de différentes préfectures et communes urbaines et rurales.

« Les informations qui nous remontent de nombreuses préfectures, communes urbaines et communes rurales révèlent un schéma de violations systématiques du Code électoral dont l’ampleur est sans précédent dans l’histoire récente de notre pays », a déclaré Oumar Sanoh.

Selon le parti, ces irrégularités concerneraient notamment la centralisation des urnes avant la fin complète des opérations de dépouillement dans les bureaux de vote.

Le cas de Yomou mis en avant

Le président d’honneur du parti, Faya Lansana Millimouno, a illustré ses accusations par une situation survenue dans la préfecture de Yomou.

« À Yomou, on a testé le dépouillement dans une commune et il s’est trouvé que le BL est candidat dans cette commune. Quand ils ont vu les résultats, le préfet a ordonné qu’on arrête tout le dépouillement sur le territoire de la préfecture de Yomou. Toutes les urnes ont été amenées au centre. C’est ce qui a été fait… », a-t-il affirmé.

Des revendications détaillées adressées aux autorités

Face à ces constats, le Bloc Libéral formule une série de revendications précises adressées aux autorités électorales et administratives.

Il demande notamment la suspension immédiate de toute opération de centralisation jugée contraire aux dispositions légales, ainsi que la publication de directives rappelant l’obligation de dépouiller les urnes dans chaque bureau de vote.

Le parti exige également la remise immédiate des procès-verbaux aux représentants des candidats et des partis politiques, ainsi que l’accès sans restriction aux feuilles de dépouillement et aux listes d’émargement.

Il réclame en outre la présence effective des représentants des compétiteurs à toutes les étapes de la centralisation, l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les irrégularités signalées et la conservation sous scellés de l’ensemble des documents électoraux.

Une contestation politique aux conséquences judiciaires annoncées

Le Bloc Libéral avertit que les résultats issus d’un processus qu’il juge irrégulier ne sauraient être considérés comme fiables. « Le Bloc Libéral tient à déclarer avec la plus grande fermeté que les résultats issus d’un processus conduit en violation manifeste des articles 89, 90, 91, 110 et 290 du Code électoral ne sauraient bénéficier de la présomption de régularité attachée à une consultation démocratique transparente. La souveraineté du peuple ne peut être confisquée par des procédures opaques », a insisté Oumar Sanoh.

Le parti indique enfin qu’il attend la proclamation officielle des résultats par la Direction Générale des Elections avant de saisir formellement la Cour suprême.

Un climat post-électoral sous tension

Dans un contexte où les résultats tardent à être consolidés, cette sortie du Bloc Libéral vient accentuer la pression politique autour du processus électoral en Guinée. Les autorités électorales, tout en renvoyant les contestations vers les juridictions compétentes, n’ont pas encore répondu point par point aux accusations du parti. L’opinion publique, elle, reste en attente de la proclamation des résultats officiels.

Laguinee.info

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