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Ébola en RDC : 65 morts, 246 cas suspects et une psychose qui gagne les populations de l’est du pays

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Une nouvelle flambée du virus Ebola sévit dans l’est de la République démocratique du Congo, principalement dans la province d’Ituri. Avec 246 cas suspects et 65 décès recensés, l’épidémie inquiète les autorités sanitaires africaines et mondiales, d’autant qu’un premier décès lié à cette flambée a déjà été enregistré en Ouganda voisin. Sur le terrain, la peur s’est installée selon africanews.com

« Depuis quelques semaines, on ne fait que creuser des tombes. » À Mongbwalu, dans la province d’Ituri, ces mots disent tout.

Une 17e épidémie pour la RDC, mais pas moins redoutée

L’épidémie actuelle est officiellement la 17e à frapper la RDC depuis que le virus Ebola y a été détecté pour la première fois. Le pays possède une longue et douloureuse expérience de la maladie, entre 2018 et 2020, près de 2 300 personnes avaient perdu la vie lors de l’épisode le plus meurtrier de son histoire récente. Mais l’expérience n’éteint pas la peur. Elle ne comble pas non plus les manques en équipements de protection pour le personnel soignant.

Jusqu’à présent, la flambée reste concentrée dans la province d’Ituri, au nord-est du pays, à la frontière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud. Les zones sanitaires de Mongbwalu et de Rwampara, chacune peuplée d’environ 150 000 habitants,  sont les plus touchées. Des cas suspects ont également été détectés à Bunia, la principale ville de la province, dont la population est estimée à 300 000 habitants, et sont en attente de confirmation, selon les Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC Afrique).

La frontière franchie : un mort en Ouganda

L’alerte a pris une dimension régionale vendredi soir. Le ministère ougandais de la Santé a confirmé le décès à Kampala d’un homme de 59 ans originaire de la RDC, hospitalisé en début de semaine et dont le corps a été rapatrié le jour même. « Il s’agit d’un cas importé de la RDC. Le pays n’a pas encore confirmé de cas local », a précisé le ministère,  selon notre source, s’efforçant de rassurer sans minimiser le risque.

Les tests ont révélé une donnée particulièrement préoccupante : l’homme était infecté par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante pour laquelle il n’existe aucun vaccin. Les vaccins actuellement disponibles ne couvrent en effet que la souche Zaïre, la plus mortelle mais aussi la mieux connue. Face à cette souche, les autorités sanitaires se retrouvent sans leur principal outil de protection.

Le cocktail explosif de l’Ituri : insécurité, mouvements de population, manque de moyens

Ce qui rend cette épidémie particulièrement difficile à contenir, c’est le contexte dans lequel elle se développe. La province d’Ituri, riche en or, est traversée depuis des années par des affrontements entre milices locales qui rendent l’accès à certaines zones quasi impossible pour les équipes sanitaires.

« La région où cela se passe est très instable sur le plan humanitaire et connaît des mouvements de population transfrontaliers », a averti Abdi Rahman Mahamud, directeur du service d’alerte et d’intervention d’urgence de l’OMS. L’exploitation minière génère chaque jour d’importants flux de personnes, autant de vecteurs potentiels de propagation du virus.

Sur le terrain, les témoignages dressent un tableau alarmant. « Depuis quelques semaines, la commune de Mongbwalu enregistre une vague de décès, avec au moins cinq à six personnes qui meurent chaque jour dans les rues », a confié à l’AFP Gloire Mumbesa, un habitant de la zone. À Rwampara, Salama Bamunoba, représentante de la société civile, résume l’état d’esprit général : « Nous venons de creuser des tombes pour enterrer trois personnes, mais nous ne savons pas vraiment de quoi elles sont mortes. Nous commençons à avoir peur de tout cas de maladie. »

Une source du secteur de la santé à Mongbwalu, sous couvert d’anonymat, a évoqué un nombre « exponentiel » de décès depuis la mi-avril. Les patients sont placés en isolement dans les centres de santé, mais le personnel manque cruellement d’équipements de protection.

 

La RDC dispose d’une expérience réelle dans la gestion des épidémies d’Ebola — l’OMS le reconnaît. Mais l’instabilité sécuritaire, l’absence de vaccin contre la souche Bundibugyo et les mouvements de population transfrontaliers font de cette 17e épidémie un défi particulièrement redoutable. La communauté internationale est en alerte. Les populations d’Ituri, elles, sont déjà dans la peur.

Laguinee.info

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