Réuni en Conseil des ministres ce mercredi 6 mai 2026, le gouvernement ivoirien a annoncé la dissolution de la Commission Électorale Indépendante, créée en 2001. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a invoqué la fin du cycle électoral, des critiques récurrentes sur le fonctionnement de l’institution et la nécessité d’un mécanisme plus crédible. L’opposition appelle à un dialogue inclusif sur la future structure.
Vingt-cinq ans d’existence. Dissoute en un Conseil des ministres. Le gouvernement ivoirien a annoncé, ce mercredi 6 mai 2026, la dissolution de la Commission électorale indépendante au sortir du Conseil des ministres présidé par Alassane Ouattara. L’annonce a été faite par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly.
Trois raisons officielles invoquées
Le porte-parole du gouvernement a donné trois raisons à cette dissolution : premièrement, la fin du cycle électoral avec les législatives du 27 décembre 2025 ; deuxièmement, les réserves relevées à l’endroit de l’institution ; et troisièmement, la volonté d’ouvrir la voie à un nouveau mécanisme de gestion des élections.
Créée par la loi n°2001-634 du 9 octobre 2001, conformément à la Constitution du 1er août 2000, la CEI avait pour mission d’organiser et de superviser les élections nationales ainsi que les référendums en Côte d’Ivoire. Pendant près de vingt-cinq ans, elle a occupé une place centrale dans le dispositif électoral ivoirien.
Une dissolution par ordonnance, sans le parlement
Le gouvernement a adopté une ordonnance portant dissolution de la CEI . Une procédure qui permet d’agir sans passer par le parlement. Cette méthode a suscité des critiques de certains observateurs qui dénoncent une décision prise sans débat parlementaire. Aucun calendrier précis n’a été fourni pour la mise en place du nouvel organe électoral, ni ses modalités de composition ou de fonctionnement.
Une institution déjà contestée de l’intérieur
Fait notable, l’ancien président de la CEI lui-même avait anticipé cette évolution. Ibrahim Coulibaly-Kuibiert avait déclaré que « la Commission ne doit même plus exister après ces élections. Il faut voir autre chose, il faut voir un autre format pour préserver la paix en Côte d’Ivoire ».
Son mandat de six ans non renouvelable s’était achevé fin 2025 après les législatives du 27 décembre.
L’opposition et les figures exclues en attente
La dissolution intervient dans un contexte politiquement sensible. L’opposition a toujours contesté l’indépendance de la CEI et a appelé à un dialogue inclusif pour la mise en place du futur organe électoral. Les deux principales figures de l’opposition ivoirienne, Laurent Gbagbo et Tidiane Thiam, tous deux exclus de l’élection présidentielle d’octobre 2025 remportée par Alassane Ouattara, n’ont pas encore réagi publiquement à cette annonce.
Plusieurs textes réglementaires devraient accompagner cette transition dans les prochains jours, selon le gouvernement. La Côte d’Ivoire entre ainsi dans une phase de transition institutionnelle dont les contours restent à définir, dans un pays où la question électorale a longtemps été au cœur des crises politiques.
Laguinee.info





