Le président Patrice Talon a signé, le 11 mars 2026 à Cotonou, un décret permettant aux personnels des forces de défense et de sécurité d’exercer comme enseignants ou chercheurs dans les universités publiques. Le texte fixe des conditions strictes d’accès à ces fonctions.
Une nouvelle passerelle s’ouvre entre les casernes et les amphithéâtres. Le décret n° 2026-116, adopté en Conseil des ministres le 11 mars 2026, marque une évolution dans l’enseignement supérieur au Bénin. Désormais, des militaires, policiers, douaniers et autres agents des forces de sécurité peuvent intervenir dans les universités publiques en qualité d’enseignants ou de chercheurs.
Le texte encadre précisément les conditions d’accès à ces fonctions. Les candidats doivent être titulaires d’un doctorat, d’un diplôme de docteur-ingénieur ou encore d’un doctorat d’État en médecine ou en pharmacie, accompagné des qualifications spécialisées requises. Ils doivent également obtenir un avis favorable de leur ministre de tutelle, s’inscrire au fichier national des aspirants à l’enseignement supérieur et réussir le test de sélection en vigueur.
Le décret prévoit aussi que ces personnels peuvent être inscrits sur les listes d’aptitude du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) ou sur toute autre liste équivalente. Le ministre chargé de l’Enseignement supérieur est responsable de la délivrance des pièces administratives nécessaires à la constitution de leur dossier.
Sur le plan statutaire, le texte organise la double appartenance de ces agents. Ils conservent les avantages liés à leur corps d’origine, auxquels s’ajoutent ceux du corps enseignant, sans cumul d’avantages, à l’exception des indemnités de risque et d’expertise. Deux ans avant leur départ à la retraite, ils sont placés en position hors cadre auprès du ministère de l’Enseignement supérieur, sauf s’ils choisissent de terminer leur carrière dans leur corps d’origine.
Le décret abroge les dispositions antérieures fixées par le décret n° 2018-438 du 19 septembre 2018 et entre en vigueur à compter de sa signature. Il a été contresigné par plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre délégué chargé de la Défense nationale Fortunet Alain Nouatin, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique Alassane Seidou, ainsi que le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique par intérim Benjamin Ignace B. Hounkpatin.
Cette réforme ouvre une nouvelle phase pour l’université béninoise. Le décret renvoie toutefois à un arrêté conjoint des ministres concernés la gestion des modalités pratiques, notamment l’articulation entre les obligations professionnelles des forces de sécurité et les exigences académiques.
Les modalités d’application attendues devront préciser les conditions concrètes de cette cohabitation entre missions sécuritaires et fonctions universitaires.
Laguinee.info







