Une nouvelle crise sociale se profile dans le secteur éducatif guinéen. L’intersyndicale SNE-FSPE (version Algassimou) a annoncé, à l’issue d’une assemblée générale tenue samedi dernier à Conakry, le déclenchement d’une grève générale à compter du 20 avril prochain sur toute l’étendue du territoire national. À l’origine de cette décision : le retard accusé dans l’application du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 avec le gouvernement.
Face à cette menace de paralysie du système éducatif, le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation se veut rassurant. Interrogé par nos confrères d’avenirguinee, son porte-parole, Anssa Diawara, se dit être surpris de l’annonce.
« Nous avons été très surpris d’apprendre cette annonce par voie de presse. Le ministère est la première victime lorsqu’il y a grève, et au-delà, ce sont tous les citoyens qui en subissent les conséquences. Nous sommes d’autant plus étonnés qu’un protocole d’accord a été signé le 3 janvier 2026 et que nous poursuivons activement sa mise en œuvre. »
Selon lui, les lenteurs observées dans l’exécution des engagements ne traduisent pas un blocage, mais s’expliquent par un contexte institutionnel particulier.
« Le protocole prévoyait la mise en place de trois commissions techniques : l’une pour le déblocage des salaires en souffrance, une autre pour le rétablissement des primes des hauts cadres, et une troisième pour le recrutement des enseignants contractuels. Ces travaux devaient démarrer en février. Mais entre-temps, il y a eu un changement de gouvernement. Or, lorsque les équipes changent, il est difficile de reprendre instantanément les dossiers là où ils avaient été arrêtés. Cela a créé un léger vide entre février et avril », précise-t-il.
Malgré ce contretemps, le ministère affirme que les mécanismes sont désormais relancés. Une rencontre tripartite réunissant le gouvernement, les syndicats et le Conseil national du dialogue s’est tenue récemment afin de faire le point sur l’état d’avancement des engagements.
« La mise en œuvre des résolutions avait déjà repris avant même la réaction de l’intersyndicale. La commission chargée du déblocage des salaires est déjà à pied d’œuvre. La réunion du 9 avril visait justement à partager ces avancées et à préserver la sérénité dans les écoles. Quant aux autres commissions, leurs arrêtés de mise en place seront signés dans les prochains jours », assure Anssa Diawara.
Dans ce contexte tendu, le département de l’Éducation appelle les partenaires sociaux à privilégier la concertation plutôt que le recours à la grève.
« Le ministre se bat sans relâche auprès de ses homologues pour éviter toute perturbation des cours. La grève est une arme puissante, qui ne doit être utilisée qu’en dernier recours. Or, dans le cas présent, toutes les voies de dialogue restent ouvertes. Nous invitons nos camarades syndicaux à poursuivre les échanges et à s’informer. Toutes les résolutions prises seront appliquées à la lettre », a souligné le porte-parole.
À quelques jours de l’échéance annoncée, l’avenir du calendrier scolaire reste donc suspendu à l’évolution des discussions entre les deux parties.
IAC, pour Laguinee.info







