Le gouverneur Karamo Kaba a pris la parole devant les opérateurs économiques pour dresser un état des lieux alarmant, tout en annonçant des mesures pour restaurer la confiance dans le système bancaire guinéen.
Sur 100 billets mis en circulation, seulement 6 reviennent dans les banques. Ce chiffre, lâché par le gouverneur lors d’une rencontre avec des chefs d’entreprise, résume à lui seul l’ampleur d’un mal profond qui ronge le système financier guinéen.
Des injections sans précédent, un retour quasi nul
Pour faire face à la pénurie, la Banque centrale a consenti des efforts qualifiés d’inédits. Des volumes de monnaie sans équivalent ont été injectés dans l’économie nationale. Pourtant, l’effet est loin d’être à la hauteur des attentes : une part écrasante de cet argent ne réintègre jamais les banques.
Restaurer la confiance : le chantier prioritaire
Karamo Kaba pointe les causes et appelle à réévaluer certaines mesures récentes qui auraient fragilisé la relation entre les Guinéens et leurs banques. « L’enjeu n’est pas seulement d’injecter de l’argent, mais aussi de faire en sorte qu’il revienne dans le système bancaire. » Il est catégorique : « Aucun pays ne peut émerger avec un secteur bancaire faible. »
Le gouvernement en appui : devises et paiements digitaux
La ministre Mariama Ciré Sylla a annoncé le renforcement de l’accès aux devises et une accélération de la digitalisation financière, avec le lancement prochain du Trésor P et des discussions avec les établissements de monnaie électronique.
Le double message des autorités est clair : parer au plus urgent, tout en jetant les bases d’un système financier plus robuste. Reste à savoir si ces annonces suffiront à convaincre les Guinéens de ramener leur argent dans les banques, condition sine qua non d’un redressement durable.
Laguinee.info





