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Les agences de santé mondiales émettent de nouvelles recommandations pour aider à mettre fin aux décès dus aux hémorragies post-partum

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L’OMS, la FIGO et l’ICM préconisent une meilleure prévention, un diagnostic et un traitement plus rapides pour lutter contre la principale complication de l’accouchement dans le monde.

5 octobre 2025 /Communiqué de presse conjoint/Le Cap /Genève

Temps de lecture : 3 min (924 mots)

Grâce à de nouvelles directives majeures publiées aujourd’hui, les principales agences de santé reproductive appellent à une transformation radicale de la prévention, du diagnostic et du traitement de l’hémorragie du post-partum (HPP). Ces recommandations soulignent l’urgence d’un dépistage précoce et d’une intervention plus rapide, autant de mesures qui pourraient sauver la vie de dizaines de milliers de femmes chaque année.

Définie comme un saignement excessif après l’accouchement, l’HPP touche des millions de femmes chaque année et cause près de 45 000 décès, ce qui en fait l’une des principales causes de mortalité maternelle dans le monde. Même lorsqu’elle n’est pas mortelle, elle peut entraîner des conséquences physiques et mentales à vie, allant de lésions organiques importantes à des hystérectomies, en passant par l’anxiété et des traumatismes.

« L’hémorragie du post-partum est la complication la plus dangereuse de l’accouchement, car elle peut s’aggraver à une vitesse alarmante. Bien qu’elle ne soit pas toujours prévisible, les décès peuvent être évités grâce à des soins appropriés », a déclaré le Dr Jeremy Farrar, Sous-Directeur général pour la promotion de la santé, la prévention et les soins des maladies. « Ces recommandations visent à maximiser l’impact là où la charge est la plus lourde et où les ressources sont les plus limitées, contribuant ainsi à ce que davantage de femmes survivent à l’accouchement et puissent rentrer chez elles en toute sécurité auprès de leur famille. »

Nouveaux critères de diagnostic pour une action rapide

Publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique (FIGO) et la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), les lignes directrices introduisent de nouveaux critères diagnostiques objectifs pour détecter l’HPP, basés sur la plus grande étude sur le sujet à ce jour – également publiée aujourd’hui dans The Lancet.

De nombreux cas d’HPP surviennent sans facteurs de risque identifiables, ce qui rend cruciale une détection précoce et une intervention rapide . Pourtant, dans de nombreux contextes, notamment lorsque les ressources de santé et les salles d’accouchement sont débordées, les retards de traitement ont des conséquences désastreuses.

Généralement, l’HPP est diagnostiquée par une perte sanguine de 500 ml ou plus. Désormais, il est également conseillé aux cliniciens d’agir dès que la perte sanguine atteint 300 ml et que des signes vitaux anormaux sont observés. Pour diagnostiquer l’HPP précocement, il est conseillé aux médecins et aux sages-femmes de surveiller étroitement les femmes après l’accouchement et d’utiliser des champs calibrés – des dispositifs simples qui collectent et quantifient précisément le sang perdu – afin de pouvoir intervenir immédiatement lorsque les critères sont remplis.

Les lignes directrices recommandent le déploiement immédiat du programme d’actions MOTIVE dès le diagnostic d’HPP. Ce programme comprend :

Massage de l’utérus;

Médicaments o cytociques pour stimuler les contractions ;

Acide tranexamique (TXA) pour réduire les saignements ;

Fluides intraveineux ;

Examen vaginal et génital; et

Intensification des soins si le saignement persiste.

Dans les rares cas où le saignement persiste, les lignes directrices recommandent des interventions efficaces telles que la chirurgie ou la transfusion sanguine pour stabiliser en toute sécurité l’état de la femme jusqu’à ce qu’un traitement supplémentaire soit disponible.

« Les femmes touchées par l’HPP ont besoin de soins rapides, réalisables et efficaces, qui contribuent à l’élimination des décès liés à l’HPP », a déclaré la professeure Anne Beatrice Kihara, présidente de la FIGO. « Ces recommandations adoptent une approche proactive de préparation, de reconnaissance et de réponse. Elles sont conçues pour garantir un impact concret, en permettant aux professionnels de santé de prodiguer les soins appropriés, au bon moment et dans des contextes variés. »

Réduire les risques grâce à une prévention efficace

Les recommandations soulignent l’importance de soins prénatals et postnatals de qualité afin d’atténuer les facteurs de risque critiques tels que l’anémie, très répandue dans les pays à revenu faible et intermédiaire de la tranche inférieure. L’anémie augmente le risque d’HPP et aggrave son évolution. Les recommandations pour les mères anémiques incluent un apport quotidien de fer et de folates par voie orale pendant la grossesse, ainsi que des transfusions intraveineuses de fer lorsqu’une correction rapide est nécessaire, notamment après une HPP, ou en cas d’échec du traitement oral.

La publication décourage également les pratiques dangereuses telles que les épisiotomies de routine tout en promouvant des techniques préventives comme le massage périnéal en fin de grossesse, afin de réduire le risque de traumatisme et de saignement grave après l’accouchement.

Durant la troisième phase du travail, les recommandations préconisent l’administration d’un utérotonique de qualité garantie pour favoriser les contractions utérines, de préférence de l’ocytocine ou de la carbétocine thermostable. En l’absence de solutions intraveineuses et en cas de manque de fiabilité de la chaîne du froid, le misoprostol peut être utilisé en dernier recours.

« Les sages-femmes savent pertinemment à quelle vitesse une hémorragie du post-partum peut s’aggraver et coûter des vies », a déclaré la professeure Jacqueline Dunkley-Bent, OBE, sage-femme en chef de l’ICM. « Ces recommandations changent la donne. Mais pour mettre fin aux décès évitables dus à l’HPP, il nous faut plus que des preuves et des protocoles. Nous appelons les gouvernements, les systèmes de santé, les donateurs et les partenaires à intensifier leurs efforts, à adopter ces recommandations, et ce, rapidement, et à investir dans les sages-femmes et les soins maternels afin que l’hémorragie du post-partum ne soit plus qu’une tragédie du passé. »

Ces lignes directrices s’accompagnent d’une série de ressources de formation et de mise en œuvre, élaborées avec des partenaires, dont l’UNFPA. Ces outils comprennent des modules pratiques pour les agents de santé de première ligne, des guides nationaux pour l’introduction de nouvelles pratiques et des formations par simulation pour renforcer les interventions d’urgence.

Ces lignes directrices consolidées, les premières à se concentrer uniquement sur l’HPP, seront lancées lors du Congrès mondial 2025 de la FIGO au Cap, en Afrique du Sud. Elles constituent une étape cruciale dans la mise en œuvre de la feuille de route mondiale pour lutter contre l’hémorragie du post-partum entre 2023 et 2030.

 

Notes aux éditeurs

Les lignes directrices contiennent 51 recommandations, rassemblant des recommandations existantes et nouvelles fondées sur des données probantes pertinentes pour la prévention, le diagnostic et le traitement de l’HPP.

Une nouvelle étude de l’OMS et du Programme spécial des Nations Unies pour la reproduction humaine (HRP) sur la précision diagnostique des indicateurs de saignements post-partum graves impliquant plus de 300 000 femmes dans 23 pays a également été publiée aujourd’hui dans The Lancet :

Gallos I, Williams CR, Price MJ, Tobias A, Devall A, Allotey J et al. Précision pronostique des marqueurs cliniques des saignements post-partum dans la prédiction de la mortalité maternelle ou de la morbidité sévère : une méta-analyse des données individuelles des participantes de l’OMS. Lancet. 2025 ( https://doi.org/10.1016/S0140-6736(25)01639-3 ).

Un commentaire sur les lignes directrices est également publié aujourd’hui dans le Lancet Global Health : https://www.thelancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(25)00404-8/fulltext

Le financement de cette ligne directrice a été assuré par la Fondation Gates.

 

 

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