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TPI de Kissidougou : quatre responsables communaux retrouvent la liberté en attendant le rapport d’expertise

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L’affaire du présumé détournement de plus de 310 millions GNF à la commune urbaine de Kissidougou prend un nouveau tournant. Ce lundi, au Tribunal de Première Instance, les débats ont été aussi tendus que les visages des prévenus. Mais au bout de cette journée chargée, un coup de théâtre : les quatre membres de l’exécutif communal jusque-là sous mandat de dépôt ont été remis en liberté. Une décision qui ne passe pas inaperçue dans la cité.

Un face-à-face électrique

Tout a commencé par une confrontation explosive entre le receveur communal, Michel Kamano, et Mamadi Mansaré alias “l’homme”, vice-président de la délégation spéciale et président de la commission finances.

Chacun a dégainé ses arguments, transformant la barre en véritable ring verbal.

Le receveur accuse son supérieur d’avoir mis le désordre dans les caisses de la commune : ingérence, carnets parallèles, collecte trimestrielle au lieu de quotidienne, et surtout favoritisme dans la gestion des marchés. En clair, Kamano dit avoir hérité d’un système où les recettes s’évaporent plus vite qu’elles n’entrent.

Mansaré, lui, a balayé tout cela d’un revers de main. Selon lui, les difficultés de la commune viennent d’ailleurs : le déguerpissement du marché “Lôfèkourani”, la disparition de nombreuses boutiques du circuit fiscal, et un contexte économique difficile. “On ne juge pas un budget communal après trois mois”, a-t-il lancé, visiblement agacé, rapporte lerevelatzur224.com

Quand les chiffres s’embrouillent, place à l’expert

Devant ce ping-pong de chiffres et de justifications, le tribunal a décidé de trancher avec du concret : faire appel à un expert comptable. C’est Sékou Koya Mara, directeur préfectoral de l’administration du territoire, qui a été choisi pour faire la lumière sur les comptes de la commune.

Autrement dit, à lui de dire où sont passés ces fameux 310 millions.

Coup de théâtre : la liberté pour les accusés

La surprise du jour est venue de Maître Amadou Kamano, nouvel avocat du receveur. En prenant la parole, il a plaidé pour la libération de son client, arguant qu’il devait accéder à ses documents pour aider le tribunal. Les autres prévenus ont suivi le mouvement.

Contre toute attente, le président du tribunal a dit oui. Remise en liberté immédiate pour les quatre responsables, le temps que l’expert rende son rapport d’ici le 6 novembre 2025. Une décision accueillie avec étonnement par une partie du public, qui n’a pas caché son scepticisme.

Un parquet qui ne lâche pas

Mais le dernier mot n’est pas encore dit. Le parquet du TPI de Kissidougou a aussitôt interjeté appel de cette décision, estimant que la gravité des faits ne justifiait pas une telle clémence.

Reste à voir si cet appel changera quelque chose ou si les quatre prévenus, désormais libres, profiteront tranquillement de leurs foyers en attendant la suite.

Une affaire qui laisse un goût amer

Dans les rues de Kissidougou, le sujet alimente toutes les discussions. Entre ceux qui dénoncent une justice “à deux vitesses” et ceux qui préfèrent croire à la présomption d’innocence, l’opinion est divisée.

Mais une question revient avec insistance : qui a réellement mis la main dans la caisse ?

La réponse est désormais entre les mains de l’expert comptable, et, peut-être bientôt, de la Cour des comptes.

Laguinee.info

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