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Disparition de Foniké Menguè et Billo Bah : le CNRD sous pression, la France accusée de complicité 

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Deux mois après la disparition de Foniké Menguè et Billo Bah, militants guinéens du FNDC, la pression monte sur la junte militaire. Une dizaine d’ONG internationales, dans une tribune acérée, exigent des réponses et appellent la communauté internationale à condamner fermement les dérives autoritaires du régime guinéen.

 

Le 9 juillet 2024, Oumar Sylla, connu sous le nom de Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah, ont été enlevés lors d’une campagne citoyenne pacifique dénonçant la censure des médias en Guinée. Depuis, silence radio. « Cela fait désormais deux mois qu’Oumar Sylla dit Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah ont disparu », rappelle la tribune des ONG. Les forces de sécurité sont pointées du doigt, mais les autorités guinéennes persistent à nier toute implication. « Nous ignorons où ils se trouvent », ont-elles déclaré, malgré les témoignages accablants de Mohammed Cissé, militant capturé à leurs côtés, qui a révélé sur les réseaux sociaux les tortures et les déplacements forcés subis.

La disparition des deux militants s’inscrit dans un contexte de répression croissante en Guinée, trois ans après le coup d’État du 5 septembre 2021. « Le régime de Mamadi Doumbouya, après avoir suscité des espoirs, s’est enfoncé dans la répression, l’autoritarisme et la violence », déplore la tribune. Depuis 2022, après avoir dissous le FNDC et interdit les manifestations, la répression n’a cessé de s’intensifier. « Restrictions d’accès à Internet, fermeture des médias indépendants, et arrestations arbitraires sont devenus le quotidien de ceux qui osent s’opposer au pouvoir. » Les ONG dénoncent également les nombreuses victimes des violences étatiques. « À la date du 22 avril 2024, Amnesty International a recensé au moins 47 personnes tuées lors de manifestations sous le Comité National du Rassemblement pour le Développement. »

Le climat est d’autant plus tendu que le silence des grandes puissances, notamment de la France, inquiète. « La France doit communiquer de manière transparente sur tous les aspects de sa coopération actuelle avec la Guinée et suspendre tout appui susceptible de participer à la répression des populations », exigent les ONG. Alors que d’autres diplomaties, telles que celles des États-Unis et du Royaume-Uni, ont déjà pris position contre les dérives autoritaires, la France reste silencieuse. « Ce silence interroge, en France mais aussi en Guinée. Il questionne sur la proximité, voire la complaisance, que la France entretient avec un gouvernement autoritaire en Afrique. »

Les ONG lancent un appel sans ambiguïté : « Nous appelons la France à condamner publiquement les violations des droits humains en Guinée et à soutenir la libération immédiate de Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah. » La communauté internationale est désormais face à ses responsabilités. « Le futur gouvernement français doit prendre position rapidement, sous peine de voir son silence perçu comme une approbation tacite des dérives autoritaires observées à Conakry. »

Boundèbengouno, pour Laguinee.info 

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