Immoler Dalein avant 2020: des réseaux déjà en branle?

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« Une certaine presse me dit prêt à négocier le 3ème mandat. Ma
lutte n’est pas négociable. Le respect de la Constitution est une priorité, la
restauration de l’État de droit une urgence. Seul le respect du jeu
démocratique nous permettra de vivre un meilleur avenir.»

C’est un tweet de Dalein Diallo, suite à la publication par La
Lettre du Continent du 13 mars 2019 faisant état d’un prétendu ‘’Deal entre Sarkozy, Alpha
Condé et CellouDalein Diallo pour 2020’’. En parcourant une bonne partie dudit
article, on a eu comme l’impression que le leader de l’UFDG aide Alpha Condé à
mieux trouver le boulevard qui mène à la modification constitutionnelle et donc
d’un 3è mandat pour l’ancien opposant historique, devenu président élu.

Les entremetteurs ? Nicolas Sarkozy et Robert Bourgi (ami de
Dalein ayant facilité un rapprochement entre le leader de l’UFDG et Claude
Guéant, le secrétaire général de l’Elysée. Cet avocatet aussi le frère cadet
d’Albert Bourgi, l’autre ami d’Alpha Condé). Le 3è larron serait le richissime
homme de Simandou, Benny, l’Israélien dont le RPG avait même accusé de vouloir
financer une rébellion contre le régime de Conakry.

C’est donc tout une colonne de noms qui sont cités pour faciliter
le prétendu deal du 3è mandat, huiler le réseau de la compromission et donc
immoler Dalein avant 2020, sous l’autel de la honte et de la dérision. C’est
vrai que Robert Bourgi a introduit Dalein auprès de Claude Guéant. C’est vrai
aussi de Robert joue et
jouera pendant un quart de siècle un rôle de conseiller et de consultant auprès
de plusieurs chefs d’État africains (Mobutu, Bongo, SassouNguesso, puis Wade,
Compaoré, Gbagbo et, plus récemment, Abdelaziz et Rajoelina), mais aussi de
quelques opposants (CellouDalein Diallo, Adrien Houngbédji, Idrissa Seck…).

A priori, au regard de cette proximité et en lisant La Lettre du
continent de ce 13 mars, on est tenté de prendre peur de toutes les
interconnections et de leurs ramifications, mais surtout de leurs conséquences.
Il est clair que le président Condé est plutôt un ami au frère de Robert
Bourgi, alors que celui-ci est de son côté, proche de Dalein. Le rôle de Robert
est connu : « Aux Africains, il ouvre les portes des sanctuaires de
la République française (quand elle est gouvernée à droite), aux Français, si
l’on en croit ses dires, les clés des coffres de l’argent noir, et à ses
clients privés – hommes d’affaires, investisseurs – l’accès à des marchés
acquis sans appel d’offres. »

C’est donc un homme d’influence et de réseaux, disciple du controversé
Jacques Foccart, le “Monsieur Afrique” du président De Gaulle mais
aussi de Georges Pompidou. A la mort, de Foccard Robert en devient le
successeur.En 2005, il décide de rallier le clan Sarkozy, qui l’a d’ailleurs
décoré de la Légion d’honneur en 2007. Parmi les nombreux conseillers et
communicants du chef de l’Etat de l’époque, l’avocat se démarque: “Je suis
un ami très écouté de Nicolas Sarkozy”, affirmait-il en 2009 dans la
presse française.

Etre ami de Sarko et de Robert ainsi que de Benny, c’est un grand
privilège, mais être pris comme une taupe du RPG, alors qu’on est le chef de
file de l’opposition guinéenne, aspirant à la présidence en 2020 jette un
trouble et est susceptible de briser une carrière, de perturber une ambition
sans cesse nourrie souvent au prix du sang et des actes de vandalisme. Dalein
quant à lui persiste et signe : aucun deal pour l’exécution d’un 3è
mandat. « Ma lutte n’est pas négociable.
Le respect de la Constitution est une priorité, la restauration de l’État de
droit une urgence », coupe-t-il court.

Reste à savoir quelle sauce nous proposera la prochaine fois, La Lettre du continent et tous les membres du réseau en branle, pour assommer définitivement le président de l’UFDG, lui-même reconnaissant gaîment sa naïveté face aux manœuvres inoxydables d’Alpha Condé. Pour mieux préparer 2020, Dalein doit être prudent, il doit rester éloigné des compromissions préjudiciables et enfin, réactiver aussi l’ensemble de ses réseaux utiles pour la fin de l’autocratie en Guinée. Le cas échéant, bonjour la victoire différée. Et donc d’un combat politique lourd de conséquences et de sacrifices ultimes, mais finalement perdu !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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