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CRIEF : la Cour ordonne l’identification et l’enregistrement des biens de l’ancien DG des Impôts et de sa famille

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La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ouvert ce lundi 12 janvier 2026 le procès de l’ancien directeur général des Impôts sous le régime d’Alpha Condé, Aboubacar Makhissa Camara. L’audience, délocalisée dans les locaux de la Cour d’appel, marque une nouvelle étape dans un dossier qui cristallise depuis plusieurs mois l’attention du public. Le prévenu, installé hors du pays depuis la chute de l’ancien régime, est poursuivi pour détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.

Dès l’ouverture des débats, l’agent judiciaire de l’État a pris la parole pour souligner l’absence prolongée du prévenu, qu’il qualifie de « fuite ». Il a demandé à la Cour d’ordonner la communication de la liste des comptes bancaires d’Aboubacar Makhissa Camara, des soldes associés, ainsi que l’inventaire détaillé de ses biens. Selon Me Mamadou Sanoussy Bah, l’objectif est clair : « Faire un inventaire des biens immobiliers du prévenu dans la ville de Conakry afin que la justice mette la main sur l’ensemble. Tant qu’il est en fuite, ses avocats ne peuvent accomplir aucun acte devant vous ».

Le juge n’a pas contredit la position de l’État. Il a rappelé que les actes d’instruction indiquent que l’ancien responsable fiscal est effectivement recherché, un mandat ayant été émis à son encontre. La Cour a donc demandé qu’un courrier soit adressé à toutes les banques susceptibles de détenir des comptes au nom du prévenu.

La défense a contesté vigoureusement cette version. L’avocat de M. Camara, Me Soufyane Kouyaté, a tenté sans succès de déposer sa lettre de constitution et de prendre la parole pour réfuter l’idée d’une fuite. Il affirme que son client se trouve « à l’étranger pour des raisons de santé » et sollicite un renvoi d’une semaine pour examiner le dossier. « Dire qu’il est en fuite relève des allégations du camp adverse », a-t-il déclaré.

Le parquet, de son côté, a opposé une fin de non-recevoir. Il a rappelé que le dossier est en instance depuis 2022 et a été examiné par la chambre d’instruction avant d’être transféré en 2025. Pour le ministère public, il n’est plus question de renvoi : « Si le prévenu ne se présente pas, son avocat n’aura pas droit à la parole. Nous estimons que ce dossier est en état d’être jugé ».

Dans cette atmosphère tendue, Me Pepe, représentant du bâtonnier, a rappelé la règle en droit pénal guinéen : l’avocat d’un prévenu absent ne peut intervenir dans les débats, même si sa lettre de constitution peut être prise en compte.

Le parquet a ensuite sollicité un délai de deux mois pour permettre aux enquêteurs de recenser les biens immobiliers d’Aboubacar Makhissa Camara, aussi bien en Guinée qu’à l’étranger. Une demande qui s’inscrit dans une logique d’élargissement du travail d’investigation, afin d’établir avec précision l’étendue du patrimoine visé par les accusations d’enrichissement illicite.

Au terme des échanges, la Cour a donné suite à ces réquisitions. Elle a ordonné au gouverneur de la Banque centrale de convoquer les directeurs des banques primaires afin de vérifier l’existence de comptes au nom d’Aboubacar Makhissa Camara, de son épouse et de ses enfants, et de fournir les relevés correspondants. Dans le même élan, elle a instruit les conservations foncières de Conakry et de Kindia, ainsi que la Direction des opérations cadastrales (DOCAD), de procéder à l’identification des biens immobiliers appartenant au prévenu et à sa famille.

L’affaire a été renvoyée au 16 février prochain. Une nouvelle audience qui devrait déterminer l’avancement des investigations et, potentiellement, l’orientation du procès. Pour l’heure, l’enjeu porte autant sur la localisation du prévenu que sur l’étendue réelle de sa fortune, un point crucial dans un contexte où plusieurs affaires de gestion publique continuent d’émerger, alimentant les débats sur la gouvernance financière sous l’ancien régime.

Laguinee.info 

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