Une délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rendu visite à Fernando Dias da Costa à l’ambassade du Nigeria à Bissau, où le leader politique s’est réfugié depuis les tensions consécutives au scrutin contesté de novembre 2025.
Selon des sources diplomatiques concordantes citées par Radio TV Bantaba, la rencontre, tenue de manière discrète mais confirmée par plusieurs acteurs présents dans la capitale, s’inscrit dans le cadre des consultations engagées par l’organisation sous-régionale pour tenter d’apaiser la crise politique qui secoue la Guinée-Bissau depuis le 26 novembre 2025.

Un échange qualifié de « sensible »
La CEDEAO n’a pas livré le contenu détaillé des discussions, mais selon plusieurs officiers impliqués dans la médiation, la mission avait pour objectif d’évaluer les conditions de sécurité de Fernando Dias, prétendu vainqueur du premier tour selon la version défendue par le PAIGC, ainsi que de recueillir son analyse de la situation politique actuelle.
La présence de Dias dans les locaux diplomatiques nigérians traduit l’escalade des tensions entre les institutions, après les arrestations de responsables politiques et les fermetures successives des sièges du PAIGC.
Une démarche qui s’inscrit dans la pression internationale
La visite intervient alors que le parti continue d’accuser le pouvoir de « dérive inconstitutionnelle » et de maintien d’un « régime de fait » depuis les événements du 26 novembre. Le déplacement de la CEDEAO apparaît comme un signal destiné au Haut Commandement militaire, rappelant la nécessité de respecter les résolutions du 68ᵉ sommet des chefs d’État, notamment le retour des militaires dans les casernes et la libération des prisonniers politiques.
Un contexte marqué par la méfiance
De son côté, le gouvernement n’a pas commenté officiellement cette rencontre, adoptant jusqu’ici une position de silence qui alimente les interrogations. Les observateurs notent toutefois que la présence de Dias à l’ambassade nigériane, ainsi que les récents appels du PAIGC à la communauté internationale, exercent une pression diplomatique croissante sur Bissau.
La CEDEAO, souvent critiquée pour ses interventions tardives, multiplie actuellement les consultations afin d’éviter une nouvelle dégradation sécuritaire dans un pays historiquement marqué par l’instabilité et les ruptures institutionnelles.
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