Depuis sa nomination à la tête du ministère de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara s’est donné pour mission de transformer durablement l’accès à l’eau potable, l’assainissement urbain et la transition énergétique en Guinée. À mi-chemin de son premier mandat, le ministre présente un bilan qui mêle réformes institutionnelles, investissements structurants et innovations concrètes pour les populations.
Une gouvernance unifiée au service de l’efficacité
L’une des décisions majeures du gouvernement a été de regrouper, au sein d’un même ministère, l’eau, l’assainissement et les hydrocarbures. Cette fusion, longtemps recommandée par les partenaires techniques et financiers, vise à améliorer la cohérence des politiques publiques et à simplifier la gestion de secteurs historiquement fragmentés.
« La nouvelle architecture permet de coordonner nos actions et de garantir que chaque projet répond aux besoins réels des citoyens », explique Aboubacar Camara. Selon lui, cette réorganisation a jeté les bases d’un cadre juridique opérationnel et d’une gouvernance plus responsable, en particulier dans l’assainissement, jusque-là dispersé entre plusieurs acteurs.
Assainissement : Conakry face à ses défis
Face à l’insalubrité chronique de la capitale, le ministère a lancé un plan structurant. Parmi les mesures phares : la réorganisation des PME de collecte selon leur capacité, la mise en service de stations de traitement des boues à Sonfonia et Yimbaya, et l’installation de systèmes GPS sur les camions pour mieux contrôler les tournées. Des contrats de performance impliquant communes, chefs de quartier et autorités administratives ont également été introduits pour responsabiliser chaque acteur.
Un nouveau mécanisme de financement entrera en vigueur dès 2026 : les frais d’assainissement seront désormais intégrés aux factures d’eau, d’électricité et à la Contribution Foncière Unique. Selon le ministre, cette réforme permettra d’élargir l’assiette financière tout en réduisant la charge pour les ménages, et mettra fin au système d’abonnement direct aux PME, souvent source de fraude et de dysfonctionnements.
La décharge de la Minière, symbole de la crise environnementale à Conakry, sera déplacée vers Baritôdé, dans la préfecture de Kindia, grâce à un financement de 70 millions d’euros mobilisé auprès de l’Union européenne et de l’Agence française de développement. « Ce projet permettra de transformer durablement cette zone en un site attractif pour la capitale », assure le ministre.
Eau potable : des investissements historiques
Le quatrième Projet Eau, doté de 648 millions d’euros, combine pour la première fois production d’eau potable et assainissement dans un même programme. Il permettra notamment de combler le déficit de 200 000 m³ par jour à Conakry. Onze villes ont déjà vu leurs stations réhabilitées et des localités comme Fria, Beyla et Koubia disposeront de nouvelles adductions d’eau gérées par la Société des eaux de Guinée. En zone rurale, 648 points d’eau ont été réalisés en 2025, bénéficiant à près de 300 000 personnes.
Aboubacar Camara souligne que la prospérité du système bancaire et du développement économique dépend directement de la santé et de la productivité des populations. L’accès à l’eau potable et à l’assainissement est donc un levier stratégique pour le progrès social et économique.
Transition énergétique : le gaz butane comme alternative à la déforestation
Dans le secteur des hydrocarbures, la Guinée franchit une étape avec la mise en service de l’usine de fabrication et de requalification de bouteilles de gaz à Konta, à Forécariah. Capable de produire un million de bouteilles par an, cette installation contribue à la création d’emplois, à la réduction de la déforestation et à la promotion du gaz domestique comme énergie alternative.
Vers un modèle durable de développement
Le ministère observe déjà des résultats concrets : amélioration du transport des déchets vers les décharges, travaux communaux intensifiés et engagement accru des collectivités locales. Pour Aboubacar Camara, ces réformes incarnent une vision stratégique fondée sur la rigueur, la responsabilité collective et la participation citoyenne.
« L’accès à l’eau, la salubrité et l’énergie domestique ne sont pas seulement des enjeux techniques ; ils constituent un véritable baromètre du progrès économique et humain », conclut le ministre.
Avec ces initiatives, la Guinée pose les bases d’un modèle de développement où discipline, participation et exigence de résultats deviennent les piliers d’une prospérité partagée.
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