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Accord UE–Mercosur : Paris dit non et défend ses agriculteurs

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La décision est tombée, nette et assumée. La France votera contre la signature de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Emmanuel Macron l’a annoncé dans un long message publié sur son compte Facebook, où il détaille les raisons d’un refus qu’il présente comme un choix de cohérence et de protection des filières agricoles françaises.

Le chef de l’État insiste d’emblée : “La France est favorable au commerce international.” Mais selon lui, l’accord UE–Mercosur appartient “à un autre âge”, construit sur un mandat vieux de 1999 et incapable de répondre aux réalités économiques et climatiques actuelles. Les prévisions de croissance liées au pacte sont jugées trop faibles : +0,05% du PIB européen d’ici 2040, selon la Commission. “Cela ne justifie pas d’exposer des filières sensibles”, écrit-il, évoquant la souveraineté alimentaire.
Des mois de négociations sous pression agricole
L’accord finalisé fin 2024 avait déjà suscité des inquiétudes chez les agriculteurs français. Le président explique avoir mené, depuis, un travail de négociation pour obtenir davantage de garanties. Il met en avant trois avancées majeures arrachées à Bruxelles.

D’abord, une clause de sauvegarde d’urgence : un mécanisme permettant de freiner ou suspendre rapidement les importations agricoles si le marché européen est déstabilisé. Ce frein pourrait être activé dès qu’une variation de 5% des prix ou des volumes apparaît, sur demande d’un seul État membre ou des filières concernées. “Une demande forte des syndicats agricoles”, rappelle-t-il.

Ensuite, des mesures de réciprocité sur les conditions de production. Le message présidentiel insiste sur une idée simple : si nos producteurs respectent des normes strictes, les produits importés doivent en faire autant. La Commission s’est engagée à appliquer ces “mesures miroir” pour plusieurs pesticides récemment interdits en France, première étape d’un chantier jugé essentiel.

Troisième point : un renforcement des contrôles sanitaires et des audits dans les pays tiers. Une “task force” doit être créée au sein de la Commission européenne pour vérifier l’effectivité de ces contrôles. Paris y voit une première pierre vers une véritable force européenne de contrôle sanitaire.
La France obtient aussi des garanties budgétaires

Au-delà du volet commercial, Emmanuel Macron souligne des engagements financiers importants obtenus auprès de Bruxelles. Le budget de la PAC devrait être augmenté de 45 milliards d’euros dès 2028. La France assure ainsi pouvoir maintenir le niveau actuel des aides agricoles jusqu’en 2034.
Sur les engrais, autre sujet sensible, Paris affirme avoir obtenu la garantie qu’aucune hausse ne découlera de la future taxe carbone aux frontières.

Un rejet politique devenu impossible à ignorer
Malgré ces avancées, Emmanuel Macron reconnaît que l’accord est politiquement “sans soutien”, tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat. Une situation devenue intenable, et qui conduit la France à s’opposer formellement à la signature.

Ce refus n’est pas présenté comme un point final. Le président assure vouloir rester mobilisé pour que les engagements européens se traduisent concrètement sur le terrain. “Je continuerai de me battre pour protéger nos agriculteurs”, conclut-il, tout en rappelant que l’Europe doit désormais accélérer ses efforts en matière de compétitivité et d’investissement.
Un message clair, destiné autant à Bruxelles qu’au monde agricole français, encore éprouvé par plusieurs années de tensions et de crises.

Laguinee.info 

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