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Coyah : un réseau de trafic de véhicules mis au jour, les enquêteurs s’intéressent aux ramifications

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Le démantèlement annoncé mercredi par la police nationale met en lumière un système de vol et de dissimulation de véhicules qui semble s’être installé dans la durée. Plus qu’une simple affaire de recel, les éléments recueillis par les enquêteurs dessinent les contours d’un réseau organisé, impliquant plusieurs intermédiaires et bénéficiant d’une coordination à distance depuis la maison centrale de Coronthie.

À Gomboyah, dans la commune urbaine de Coyah, les enquêtes ont conduit les agents à la découverte de quatre véhicules : deux Toyota Land Cruiser et deux Toyota Hilux double cabine, soigneusement stationnés dans la cour d’Elhadj Aly Badra Kaba. Les policiers ont retrouvé sur place plusieurs plaques d’immatriculation, des outils mécaniques et des sprays de peinture, autant d’indices laissant penser à une chaîne de modification destinée à brouiller l’origine réelle des automobiles.

Lors de son interrogatoire, Elhadj Aly Badra Kaba a reconnu que les véhicules étaient volés et avaient été mis à sa disposition. Il a décrit un dispositif dans lequel chacun avait un rôle précis : Mohamed Fofana comme intermédiaire, Mohamed Diallo alias Junior comme coordinateur depuis sa cellule à Coronthie, et Ousmane, frère de Junior, chargé d’acheminer les véhicules jusqu’à son domicile.

Le témoignage de Mohamed Fofana apporte une dimension supplémentaire à l’affaire. Il affirme avoir pensé que les véhicules provenaient de partenaires du secteur minier, selon les explications fournies par Junior. Fofana admet également avoir convoyé trois autres véhicules volés à Freetown, en compagnie d’un individu nommé Alia, utilisant de fausses plaques pour franchir les postes de contrôle.

Les enquêteurs soupçonnent désormais l’existence d’un circuit transfrontalier de véhicules volés, avec des points de passage, des convoyeurs, des lieux de stockage et des mécanismes de transformation. Le domicile d’Elhadj Aly Badra Kaba servirait ainsi de base de modification, où peinture et plaques étaient changées avant une probable revente.

La police nationale poursuit l’identification d’autres suspects. Plusieurs zones d’ombre subsistent, notamment sur les débouchés des véhicules modifiés et sur l’étendue des complicités, tant à l’intérieur du pays qu’au-delà des frontières.

Dans l’immédiat, Elhadj Aly Badra Kaba et Mohamed Fofana seront présentés au tribunal de première instance de Coyah. Ils pourraient répondre de faits de vol, complicité et recel, conformément aux dispositions du Code pénal. L’enquête élargie devra déterminer si d’autres acteurs, encore non identifiés, ont participé à la structuration de ce réseau.

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