La Guinée nourrit depuis plusieurs années l’ambition d’accueillir une édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Dans une note stratégique rendue publique ce jeudi, Thierno Saïdou Diakité propose une approche progressive, privilégiant d’abord la Coupe d’Afrique des Nations des joueurs locaux (CHAN) avant de postuler pour la CAN, afin de consolider les acquis et sécuriser le succès du pays sur la scène continentale.
Une stratégie progressive : le CHAN comme tremplin
Pour Diakité, le CHAN représente une étape intermédiaire essentielle. Moins contraignante sur le plan financier, logistique et infrastructurel, cette compétition permet à la Guinée de tester ses capacités d’organisation, de sécurité et de communication. Elle offre également le temps nécessaire pour réhabiliter et mettre aux normes les infrastructures sportives et hôtelières, tout en renforçant la crédibilité internationale du pays.
« Le CHAN constitue un laboratoire pour une candidature CAN plus sereine et mieux maîtrisée, éventuellement en coopération avec des pays voisins comme la Sierra Leone ou le Liberia », souligne Diakité, suggérant de délaisser l’option Mali, confronté à des tensions internes.
Capitaliser sur l’expérience des pionniers
Le document met en garde contre les erreurs du passé. Les précédentes tentatives d’organisation de la CAN en Guinée ont révélé des lacunes dans la planification, la coordination et la prise en compte des propositions techniques.
Diakité recommande donc l’intégration des experts et pionniers dans la gouvernance du projet. Leur expérience garantirait une continuité stratégique, une meilleure organisation et une approche scientifique et culturelle de l’événement. Selon lui, cette démarche favoriserait également l’adhésion des acteurs sportifs et culturels autour d’une vision nationale unifiée.
Une approche responsable et ambitieuse
Le schéma CHAN → CAN traduit, selon Diakité, une orientation politique à la fois prudente et ambitieuse. Cette méthode vise à :
- Éviter la précipitation et sécuriser les ressources publiques ;
- Positionner la Guinée sur une trajectoire ascendante, en consolidant d’abord ses infrastructures ;
- Renforcer la crédibilité du pays auprès de la Confédération africaine de football (CAF), des partenaires techniques et financiers ;
- Mobiliser la jeunesse et valoriser la culture guinéenne, faisant du sport un vecteur de diplomatie et de cohésion nationale.
Vers une mise en œuvre concrète
Pour passer de la théorie à l’action, Thierno Saïdou Diakité propose :
- La création immédiate d’un Comité National de Préparation du CHAN (CNPC) incluant pionniers et experts.
- La soumission d’une candidature officielle pour le CHAN, étape préparatoire vers la CAN.
- La constitution d’une task-force pour prioriser les infrastructures : stades, hôtels, routes et centres techniques.
- L’élaboration d’un plan stratégique intégré Sport–Culture pour faire du tournoi un événement sportif et culturel majeur.
- La mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation transparent afin de garantir l’exécution et la crédibilité du projet.
Pour Diakité, la Guinée dispose des ressources humaines, de la volonté politique et de la légitimité sportive pour réussir l’organisation d’un tournoi continental. Mais l’ambition doit s’accompagner de méthode. En adoptant une démarche progressive et en capitalisant sur l’expérience des acteurs pionniers, le pays pourrait, d’abord à travers le CHAN, puis avec la CAN, inscrire son nom dans l’histoire du football africain tout en renforçant sa crédibilité sur le continent.
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