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Bilan 2025 de la CRIEF : performance judiciaire ou communication politique ?

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Le gouvernement a voulu afficher sa fermeté. Mercredi 26 novembre 2025, le ministre des Transports et porte-parole de l’exécutif, Ousmane Gaoual Diallo, a dressé un bilan chiffré de la lutte contre la corruption, un terrain sensible depuis le début de la transition. Selon lui, les performances de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) traduisent une volonté politique assumée : près de 300 dossiers auraient été traités en 2025.

Le ministre avance des résultats qu’il juge « tangibles » :

« La lutte contre la corruption a amené la structure habilitée à le faire, la CRIEF en l’occurrence, à traiter plus de 226 dossiers au cours de l’année. Au total, 683 personnes sont aujourd’hui devant les juridictions, et 160 milliards de francs guinéens ont été récupérés sur les fonds détournés », a-t-il détaillé.

Il affirme que cette dynamique a contribué à redorer l’image de la Guinée auprès de ses partenaires. « La lutte contre la corruption est un phénomène qui prend de l’ampleur et qui a permis de redorer l’image de notre pays. L’un des résultats concrets est la sortie de la Guinée de la liste grise liée aux pratiques fiscales dommageables », a soutenu Ousmane Gaoual Diallo.

Un discours offensif, mais un environnement sceptique

Cette communication, pensée comme une vitrine des efforts gouvernementaux, s’inscrit dans un climat de contestation persistante. Plusieurs acteurs politiques et observateurs dénoncent une CRIEF « à géométrie variable », dont les procédures seraient parfois sélectives. Ils accusent la juridiction d’être utilisée pour neutraliser des opposants, tandis que des dossiers sensibles révélés sous la transition demeurent sans suites visibles.

L’écart entre la démonstration comptable avancée par le gouvernement et les interrogations sur l’indépendance réelle de l’institution crée un contraste saisissant. Au moment où l’exécutif défend son bilan, une partie de l’opinion continue d’exiger davantage de transparence, notamment sur les enquêtes touchant des proches du pouvoir ou des scandales récents restés sans éclaircissements.

Un enjeu central pour la transition

Alors que le pays se rapproche de la fin du calendrier transitoire, la lutte contre la corruption reste un test majeur de crédibilité pour les autorités. Le gouvernement mise sur les chiffres pour convaincre. Ses détracteurs, eux, scrutent les zones d’ombre. Entre statistiques officielles et perception publique, la bataille se joue désormais sur le terrain de la confiance.

Laguinee.info

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