La bourse du travail de Kaloum a été le théâtre d’une mobilisation impressionnante, mercredi, réunissant les enseignants contractuels communaux non retenus et les responsables ou représentants de l’intersyndicale de l’éducation. L’objectif : faire le point sur plusieurs jours de négociations avec le gouvernement, a constaté Guineematin.com à travers l’un de ses reporters.
Aboubacar Soumah, président du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLEG), a longuement exposé le compte rendu des négociations :
« La reconstruction du statut particulier de l’éducation, aujourd’hui on passe pour sa signature. Il faut reconstruire ce qui a été voté ou décrété en 2006. Une commission a été mise en place pour la réécriture, la reconstruction de ce statut particulier de l’éducation. Cette commission a été présidée par nous-mêmes les syndicats… La commission a regroupé l’ensemble des cadres techniques des trois départements (enseignement supérieur, enseignement technique et enseignement pré-universitaire). Pendant trois semaines, nous avons travaillé sur ce statut, nous avons amendé, apporté la bonification non seulement de grade et échelons, mais aussi des primes… Donc, c’est ce statut-là qui a été transmis au MEPU-A, à la Fonction publique. Alors, c’est autour de ce statut-là aujourd’hui que nous sommes en train d’échanger. »
Selon lui, les discussions n’ont pas été simples, notamment à cause de l’enseignement supérieur :
« D’altercation en altercation, depuis que nous avons commencé par les négociations, nous avons pris du temps par rapport au souci exprimé par l’enseignement supérieur, surtout au SNAESURS qui n’a pas pris part aux travaux de la commission de relecture du statut, a fait savoir qu’il y a des observations qui doivent être insérées dans ce statut. Donc, il n’était pas question de commencer immédiatement les négociations autour de ce statut tant que ces observations-là ne soient prises en compte, puisque le statut particulier n’est pas partiel. Il est transversal pour les secteurs éducatifs, à savoir les trois départements. Donc, il fallait que ces préoccupations soient prises en compte. Nous avons eu à travailler deux jours sur cet amendement. Et l’ensemble du statut a été adopté par toutes les parties. »
Le président du SLEG a également rappelé l’organisation interne des négociations :
« C’est ainsi qu’à l’entame des négociations proprement dites, comme le mémorandum comporte 11 points, nous nous sommes retrouvés entre nous négociateurs pour déterminer les priorités. Nous nous sommes dit, en tout premier lieu, il faut d’abord débloquer les salaires de tous les enseignants depuis 2023 jusqu’à maintenant. On a demandé à ce que leurs salaires soient débloqués et immédiatement. On s’est entendu sur ça. Et le ministère de la Fonction publique a envoyé une note circulaire à tous les directeurs préfectoraux et inspecteurs régionaux afin de faire remonter la liste de tous les enseignants concernés… À la date du 25 novembre 2025, dernière journée de négociations, cette remontée a été faite. Sur ce, il reste à mettre une commission sur place qui va travailler, parce qu’il faut vérifier cas par cas. Nous avons retenu 3 priorités : le déblocage, le statut et l’engagement des enseignants contractuels non retenus. La négociation va continuer demain vendredi. »
Enfin, sur la question de la grève, Aboubacar Soumah a été clair et sans détours :
« Nous devons être des acteurs de procédure. Nous allons suivre les négociations demain vendredi sur les autres points qui concernent la bonification des primes et des indemnités, ainsi que les indices… Comme on nous écoute, on va continuer tout en rappelant qu’on a notre préavis de grève. S’il n’y a pas d’issue favorable, on va à la grève. »
La mobilisation et le ton ferme de l’intersyndicale traduisent une impatience palpable. Alors que le gouvernement et les syndicats s’apprêtent à reprendre les discussions, l’éducation guinéenne se tient à un point critique : soit un accord rapide est trouvé, soit le spectre d’une grève générale plane sur le secteur.
Laguinee.info







