Les organisations Afrikajom Center et AfricTivistes ont publié une déclaration conjointe dans laquelle elles condamnent fermement la prise de pouvoir par un groupe d’officiers militaires en Guinée-Bissau. Elles alertent sur un risque élevé d’instabilité politique après l’interruption du processus électoral consécutive à ce nouveau coup d’État.
Le 25 novembre 2025, des officiers réunis sous la bannière du « Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre » ont annoncé avoir pris le « contrôle total » du pays. Ils ont suspendu les institutions, bloqué la proclamation des résultats des élections présidentielle et législative du 23 novembre et ordonné la fermeture des frontières. La déclaration a été lue à l’état-major des forces armées par le général Denis N’Canha, chef de la maison militaire du palais présidentiel.
Cette intervention survient alors que les citoyens attendaient la publication des résultats provisoires du premier tour des élections générales, résultats qui devaient ensuite être validés par la Cour suprême.
Liberté d’expression entravée
Le haut commandement militaire a également ordonné la suspension de l’accès à plusieurs réseaux sociaux, notamment Facebook, TikTok et Instagram. Selon Afrikajom Center et AfricTivistes, cette mesure constitue « une atteinte grave » aux libertés fondamentales, en particulier au droit à l’information.
Les deux organisations expriment leur « profonde préoccupation » face à la rupture du cadre constitutionnel et à l’arrêt du processus démocratique. Elles estiment que cette prise de pouvoir « porte atteinte à la souveraineté du peuple bissau-guinéen » et met en péril la stabilité du pays.
Un contexte politique déjà fragile
La Guinée-Bissau connaît depuis plus d’une décennie des crises politiques répétées. Depuis l’élection d’Umaro Sissoco Embaló en 2012, les tensions entre le pouvoir exécutif et le PAIGC, majoritaire à l’Assemblée nationale en 2019 puis en 2023, ont conduit à deux dissolutions successives du Parlement, en 2022 et 2023. Les consultations électorales ont régulièrement été marquées par des contestations et des violences.
Le pays reste également affecté par une longue histoire de coups d’État militaires qui ont freiné le renforcement de ses institutions démocratiques et ralenti son développement socio-économique.
Appels à la désescalade
Afrikajom Center et AfricTivistes formulent plusieurs demandes, parmi lesquelles :
Le retour immédiat à l’ordre constitutionnel, avec la poursuite du processus électoral et la proclamation du président élu, conformément aux recommandations de la CEDEAO et de l’Union africaine ;
La libération sans délai des personnalités politiques arrêtées, dont le président sortant Umaro Sissoco Embaló et l’ancien président de l’Assemblée nationale Domingo Simões Pereira ;
Une action plus ferme des organisations régionales et internationales pour encourager le rétablissement du cadre institutionnel ;
La relance d’un dialogue politique inclusif pour favoriser des solutions pacifiques et garantir la transparence du processus électoral.
Les deux organisations assurent maintenir leur engagement auprès du peuple bissau-guinéen et affirment suivre de près l’évolution de la situation politique dans le pays.
Laguinee.info







