La Cour d’Appel de Conakry a changé de visage, mais pas d’ambition. Ce vendredi, le magistrat Ibrahima Sory 2 Tounkara a officiellement pris les commandes de la juridiction, succédant à Abdoulaye Conté, qui quitte ses fonctions après quatre années marquées par une série de réformes internes. La cérémonie, sobre mais symbolique, a rassemblé magistrats, greffiers, avocats, huissiers et cadres du ministère de la Justice, venus saluer la passation entre deux figures respectées du corps judiciaire guinéen.
Une transition dans la continuité
Dans son discours d’adieu, Abdoulaye Conté a dressé le bilan d’un mandat qu’il décrit comme « exigeant mais porteur de progrès ». Sous sa direction, la Cour d’Appel de Conakry a engagé plusieurs réformes structurelles : désengorgement des dossiers en attente, informatisation du suivi des affaires, renforcement de la discipline judiciaire et formation continue des magistrats.
« Nous avons fait de la rigueur et de la transparence des priorités, pour rapprocher la justice du citoyen », a-t-il déclaré, non sans souligner que ces acquis doivent désormais être consolidés par son successeur.
Un héritage assumé, une mission affirmée
Conscient du poids de la charge, Ibrahima Sory 2 Tounkara a, de son côté, affiché sa détermination à inscrire son action dans la continuité tout en imprimant sa marque. « Cette marque de confiance m’honore, mais elle m’impose aussi un devoir d’exemplarité et d’efficacité », a-t-il affirmé, saluant le travail accompli par son prédécesseur.
Le nouveau président a insisté sur la dimension éthique et humaine de la justice : « Être premier président d’une Cour d’appel, c’est porter une responsabilité morale et institutionnelle. La justice n’est pas seulement une institution : elle est le dernier refuge du citoyen. »
Une justice sous observation
Au-delà de la solennité, cette passation de témoin intervient dans un contexte où la justice guinéenne reste scrutée pour sa capacité à se réformer et à regagner la confiance du public. Les propos du nouveau président résonnent comme un engagement à maintenir la discipline interne tout en rendant la justice plus accessible et plus rapide.
En refermant la cérémonie, un mot revenait dans les couloirs de la Cour : continuité. Continuité dans la rigueur, mais aussi dans l’espoir qu’une justice plus humaine et plus efficace s’impose peu à peu comme le socle de l’État de droit en Guinée.
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