À mesure que la présidentielle de décembre 2025 approche, la Cour suprême a franchi une étape décisive : la mise en place du collège médical chargé d’évaluer l’aptitude physique et mentale des aspirants à la magistrature suprême. Une exigence constitutionnelle nouvelle qui marque un tournant dans la gouvernance et le processus électoral en Guinée.
Ce collège, présidé par le Professeur Hassane Bah, médecin légiste reconnu, réunit autour de lui six sommités du corps médical :
Professeur Amara Cissé, neurologue ;
Professeur Mahmadou Dadhi Baldé, cardiologue ;
Professeur Morifodé Doukouré, psychiatre ;
Professeur Mariam Beavogui, cardiologue ;
Professeur Foussé Diakité, néphrologue ;
Professeur Djibril Sylla, médecin interne.
Un panel aux spécialités variées, signe d’une approche complète de l’examen à venir.
Une mission sensible, à la croisée de la médecine et de la politique
Le collège devra examiner chaque candidat à la présidentielle, établir un rapport médical circonstancié et délivrer à la Cour suprême un certificat d’aptitude ou d’inaptitude. Autrement dit, aucun prétendant au fauteuil présidentiel ne pourra contourner l’épreuve du diagnostic médical.
Selon l’article 4 du texte instituant cette instance, ses travaux débuteront dès la clôture du dépôt des candidatures, en application de l’article 46 de la Constitution. Les frais de fonctionnement et les indemnités des médecins seront intégralement pris en charge par le budget de la Cour suprême, afin de garantir l’indépendance du processus.
Une exigence de transparence et de responsabilité
Cette innovation découle directement de l’article 45 de la nouvelle Constitution, qui fixe des conditions strictes pour briguer la présidence :
être de nationalité guinéenne ;
résider principalement en Guinée ;
jouir de ses droits civils et politiques ;
être certifié en bonne santé physique et mentale par un collège de médecins assermentés ;
avoir entre 40 et 80 ans ;
déclarer ses biens par écrit ;
et être présenté par un parti politique ou à titre indépendant avec parrainage.
En clair, l’état de santé des candidats entre désormais dans le champ du débat public. La mesure vise à s’assurer que ceux qui prétendent diriger le pays disposent de toutes leurs capacités pour affronter les exigences de la fonction.
Un signal fort
En instituant ce collège médical, la Cour suprême entend instaurer une culture de rigueur et de transparence dans le processus électoral. Ce dispositif inédit place la santé et la responsabilité au cœur de la compétition présidentielle, là où, souvent, la politique tendait à éclipser la condition humaine.
Dans un contexte où la confiance du public envers les institutions est mise à l’épreuve, cette démarche apparaît comme un pas vers plus de crédibilité et de modernité dans la vie politique guinéenne.
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