Amnesty International Guinée a levé le voile ce jeudi à Conakry sur un rapport accablant visant la Société Guinéenne de Palmier à Huile et d’Hévéas (SOGUIPAH). Le document, rendu public à 9 heures, fait état de violations graves des droits des travailleurs et des populations locales, ainsi que d’atteintes à la liberté d’expression, rapporte Laguinee.info à travers un de ses journalistes.
Selon Amnesty, des habitants auraient été expulsés de leurs terres de manière forcée, après leur attribution à la Soguipah, sans compensation juste ni préalable, en violation du droit guinéen et du droit international. Ces expulsions ont provoqué, indique le rapport, une raréfaction des terres cultivables et menacent désormais le droit à l’alimentation de nombreuses familles rurales.

Fabien Offener, Directeur International Afrique de l’Ouest et du Centre d’Amnesty, a relayé le témoignage d’un villageois :
« Certains de nos plants étaient déjà presque en production. Nous avons demandé à la Soguipah d’attendre jusqu’à la récolte, mais ils ont refusé de différer leur destruction. »
Climat de peur et auto-censure
Le document d’Amnesty ne s’arrête pas aux expropriations. Il dénonce également un climat de peur au sein de l’entreprise, où la liberté d’expression serait muselée. Plusieurs travailleurs interrogés évoquent une auto-censure généralisée, par crainte de perdre leur emploi ou de subir des représailles disciplinaires.
« Il n’y a pas de liberté d’expression. Si tu parles de ce qui ne va pas, la direction te demande de faire une lettre d’explication », rapporte encore Fabien Offener, citant un employé.
Amnesty note enfin que les victimes de ces abus saisissent rarement la justice, faute d’informations, de moyens financiers ou de confiance envers les institutions censées les protéger.
Dans un contexte où la question des droits humains et de la gouvernance des entreprises publiques refait surface, ce rapport remet au centre du débat la responsabilité sociale et légale de la Soguipah. L’organisation de défense des droits humains appelle les autorités guinéennes à agir sans délai pour faire cesser ces pratiques et garantir le respect des droits fondamentaux des citoyens.
IAC, pour www.laguinee.info







