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Gen Z Madagascar contre l’État : la contestation ne faiblit pas

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Jeudi à Antananarivo, environ un millier de manifestants ont défié le gouvernement, affrontant la police dans une ambiance électrique. Gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes ont fusé pour tenter de disperser la foule, souvent masquée et déterminée. Les forces de l’ordre, déployées dans des véhicules blindés, ont chargé les protestataires, mais aucun bilan précis de blessés n’a encore été communiqué.

Ces manifestations marquent la troisième semaine de troubles importants à Madagascar, un niveau de tension inédit depuis plusieurs années. Organisées par le mouvement « Gen Z Madagascar », elles ont déjà coûté la vie à 22 personnes selon l’ONU, chiffre contesté par le gouvernement.

Tout a commencé avec des revendications simples : des coupures d’eau et d’électricité inadmissibles. Mais rapidement, la colère des jeunes s’est élargie à des accusations de corruption et de népotisme. Le président Andry Rajoelina a réagi en limogeant tout son cabinet et en nommant un nouveau Premier ministre, mais malgré ces gestes, la jeunesse ne cède pas et continue de réclamer la démission du chef de l’État, rejetant toute invitation à négocier mercredi dernier.

Dans les quartiers d’Anosy et de Mahamasina, les rues ont été le théâtre de barricades de fortune, pierres et pneus enflammés à l’appui. La police a fermé la circulation sur la place de la Démocratie, désormais sous surveillance renforcée.

Avec ses 31 millions d’habitants, Madagascar traîne depuis son indépendance en 1960 un lourd héritage de crise politique et économique. Aujourd’hui, 80 % de la population vit dans la pauvreté, alimentant la colère populaire.

Les manifestants, inspirés par les mouvements de révolte au Népal et ailleurs, n’hésitent pas à afficher des symboles forts : têtes de mort et drapeaux pirates, signe de leur défiance envers un pouvoir jugé sourd et éloigné des réalités quotidiennes.

À Madagascar, la jeunesse est dans la rue, le gouvernement vacille, et la population retient son souffle. Malgré la nomination d’un nouveau Premier ministre, rien ne semble pouvoir arrêter la contestation.

Laguinee.info

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