La Société civile guinéenne, à travers le Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG), a exprimé de vives préoccupations au lendemain du référendum constitutionnel du 21 septembre 2025. Dans une déclaration rendue publique ce 22 septembre, le FFSG dénonce un scrutin organisé « sur fond de manipulation, d’intimidation, d’exclusion et d’opacité administrative, opérationnelle et financière ».
Selon le collectif, aucun organisme national ou international, y compris l’ONASUR et la CEDEAO-UA, n’a pu déployer des observateurs indépendants sur le terrain, faute de moyens financiers, logistiques et humains. Une situation qui, selon lui, remet en cause toute certification des résultats provisoires publiés par la Direction générale des élections (DGE).
Le FFSG affirme également qu’aucun acteur politique ou social, en dehors de l’administration publique et de ses structures électorales, n’a eu accès au processus, depuis l’établissement du fichier électoral jusqu’à la centralisation des résultats.
Abstention et pressions sur les électeurs
La coordination parle d’un « taux d’abstention record », malgré une certaine mobilisation matinale dans quelques localités. Elle explique cette affluence partielle par les menaces brandies à la veille du scrutin : des électeurs auraient été avertis qu’en l’absence du cachet A VOTÉ sur leur carte, ils risquaient de se voir refuser l’accès à certains services publics, notamment les actes d’état civil.
Le FFSG évoque également des cas de bourrages d’urnes et de modifications de procès-verbaux, soupçonnés d’avoir eu lieu après la décision de prolonger les horaires de vote. Des menaces auraient par ailleurs visé des agents électoraux réticents à ces pratiques.
Manque de transparence financière et coupure d’internet
La société civile s’interroge aussi sur la gestion du budget du scrutin. Aucune information fiable n’a, selon elle, été publiée sur les montants engagés ni sur les ressources utilisées par le gouvernement et les institutions pour la campagne. Pendant ce temps, des agents de recensement et de vote n’auraient toujours pas perçu leurs primes.
À cela s’ajoute le blocage de l’accès à internet, dénoncé comme une tentative de limiter la circulation d’informations en temps réel et d’empêcher la documentation d’irrégularités.
Appel à la communauté nationale et internationale
Face à ces constats, le Forum des Forces Sociales de Guinée appelle les organisations nationales et internationales « respectueuses des principes démocratiques » à s’abstenir de certifier ce scrutin.
Dans sa déclaration, le FFSG salue « la maturité et la résilience du peuple de Guinée » qui, malgré les tensions, a choisi la voie de la non-violence. La coordination conclut en assurant que le pays saura « se relever de cette épreuve dans l’unité nationale et la prospérité ».
Laguinee.info







