Le Bloc Libéral (BL) du Dr Faya Millimouno hausse le ton contre le projet de nouvelle Constitution porté par la junte depuis 2021. Dans un document d’une dizaine de pages consulté par notre rédaction, le parti estime que ce texte ne prépare pas l’avènement d’une véritable démocratie, mais risque au contraire de restreindre les libertés et de fragiliser l’avenir politique du pays.
Un pouvoir présidentiel jugé « sans limites »
Au centre des critiques, le rôle taillé pour le Président de la République. Le Bloc Libéral parle d’un « exécutif hypertrophié », dénonçant une concentration des pouvoirs « sans contrepoids ».
Dans le schéma proposé, le chef de l’État est à la fois Président de la République, Chef suprême des Forces armées et responsable de la Défense nationale. Il nomme aux postes civils et militaires les plus importants, tandis que le Premier ministre, désigné par lui, n’aurait « qu’un titre », sans marge réelle de manœuvre.
Le parti note aussi l’absence d’une clause interdisant aux dirigeants de la transition de se présenter aux élections à venir. Pour lui, ce silence nourrit les soupçons et compromet la transparence du processus.
Libertés fondamentales « sous conditions »
Autre point sensible : la question des droits et libertés. Si le projet proclame les droits humains, il les encadre aussitôt par des formules jugées floues, au nom de l’ordre public ou de la cohésion nationale.
Le document du BL cite plusieurs exemples :
des manifestations pourraient être interdites pour de simples motifs ;
la liberté de la presse dépendrait d’une commission contrôlée par le pouvoir ;
l’opposition n’existerait qu’« à la discrétion de l’État ».
Pour le parti, ces restrictions reviennent à fermer l’espace public et à étouffer le pluralisme.
Des risques pour la stabilité du pays
Le Bloc Libéral s’inquiète aussi de la durée du mandat présidentiel, allongé de cinq à sept ans. Une mesure perçue comme « un pas en arrière », à contre-courant d’un monde où les cycles politiques sont de plus en plus courts et les citoyens plus exigeants.
Le parti met également en garde contre le coût des futures élections – référendum et scrutins généraux – qui pèserait lourdement sur un État déjà fragilisé. Selon lui, ces fonds pourraient mieux servir aux écoles, aux hôpitaux ou au développement économique.
L’incertitude autour du calendrier électoral est aussi pointée du doigt. Le BL estime qu’elle pourrait entraîner des blocages et raviver les tensions politiques.
« Un pluralisme piégé »
Enfin, le parti dénonce un multipartisme « sous tutelle », où la diversité politique existerait davantage sur le papier que dans les faits. Pour lui, ce projet ne protège pas les libertés, mais les conditionne, marquant « une rupture inquiétante » avec l’idée même de démocratie.
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