À quelques semaines du référendum prévu le 21 septembre en Guinée, les partis politiques multiplient les déclarations de consignes de vote, révélant les lignes de fracture et les suspicions qui traversent le paysage politique national.
Selon le journaliste Habib Yembering Diallo, « le sens même d’une élection est la pluralité des candidatures. Un référendum n’en est un que si les uns appellent à voter Oui et les autres à voter Non ». Il souligne que dans le contexte guinéen, ceux qui appellent à voter Oui sont souvent assimilés à des partisans du pouvoir, tandis que ceux qui expriment un avis contraire sont perçus comme des opposants, voire des apatrides.
Dans cette dynamique, plusieurs partis ont déjà pris position. Le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP) de Fodé Bangoura a appelé à voter Oui, suivi par l’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR) de Bah Ousmane. Le Mouvement pour le Progrès et la Liberté (MPL) de l’ancien journaliste Mamadou Oury Diallo, qui se dit favorable au Oui, a suscité une vive polémique.
À ce jour, et à l’exception de deux partis suspendus, le Bloc Libéral (BL) de Dr Faya Millimono reste le seul à appeler ouvertement à voter Non. Cette position ne fait pas l’unanimité : certains observateurs estiment « qu’il ne faut pas faire confiance au président du BL ». Durant le mandat d’Alpha Condé, certains soupçonnaient Dr Faya d’entretenir des liens avec le chef de l’État. Toutefois, contrairement à Sidya Touré, ancien Haut représentant du président, Dr Faya Millimono n’a jamais été nommé par décret.
Habib Yembering Diallo explique pour sa part pourquoi il fait confiance au président du BL : « Dans le contexte actuel, seul lui assume et assure le rôle de l’opposition, du moins de l’intérieur. Ensuite, alors qu’Aliou Bah a démissionné du BL pour créer le parti Model, Dr Millimono l’a ouvertement et publiquement soutenu après son arrestation ».
Tout en respectant les points de vue des différents acteurs politiques, le journaliste qualifie les doutes portés sur Dr Faya Millimono de « procès d’intention ».
Le climat politique guinéen reste donc marqué par une forte polarisation à l’approche du référendum, avec des positions tranchées sur le Oui et le Non et une attention particulière portée aux leaders d’opinion et aux figures de l’opposition.
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