La délégation spéciale de la commune urbaine de Kissidougou s’enfonce dans une crise qui semble loin de son épilogue. Alors qu’un dossier de soupçon de détournement de fonds, dénoncé par des conseillers, est toujours en phase d’enquête préliminaire au commissariat central de police, l’exécutif communal avait convoqué, ce mercredi 27 août 2025, la deuxième session ordinaire de l’année. Résultat : boycott massif des conseillers, transformant la session en un nouvel échec, rapportent nos confrères de Lerevelateur224.com.
Membre de la commission finances, la conseillère Madeleine Mara justifie ce refus par l’absence de réponses claires aux griefs financiers déjà portés à l’exécutif. « Tant que nous n’avons pas de réponse convaincante concernant les questions financières que nous avons soulevées, nous ne prendrons part à aucune session. Et mieux, comment tenir une session quand une affaire de détournement présumé est encore en enquête préliminaire à la police ? », a-t-elle lancé chez notre source.
La fronde est assumée jusque dans ses extrêmes. La plus jeune conseillère de la collectivité ne cache pas la ligne dure des contestataires : « Nous maintenons nos revendications de départ, c’est-à-dire la suspension de l’exécutif communal, ainsi que le remplacement pur et simple du secrétaire général et du receveur », a-t-elle martelé.
Face à cette fronde, le président de la délégation spéciale a choisi le silence, évitant tout commentaire. Mais l’affaire a pris une dimension administrative : selon nos informations, le préfet aurait intimé l’ordre aux conseillers dissidents de geler leurs actions de protestation jusqu’à la tenue du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre prochain.
Une injonction qui suffira-t-elle à apaiser les tensions ou ne fera-t-elle que repousser l’inévitable confrontation ? Pour l’heure, le bras de fer reste entier.
Affaire à suivre.
Laguinee.info







