Face au drame humain et matériel qui secoue la capitale guinéenne depuis plusieurs jours, le Système des Nations Unies en Guinée est sorti de sa réserve. Dans un communiqué conjoint diffusé ce lundi, l’organisation internationale mêle compassion, solidarité et interpellation, tout en soulignant l’urgence d’un changement profond dans la manière d’anticiper et de gérer les risques climatiques en Guinée.
« Nous présentons nos sincères condoléances aux familles des victimes et exprimons notre solidarité à toutes les personnes affectées par les inondations sur toute l’étendue du pays », lit-on d’emblée dans la déclaration.
Le message est clair : le drame n’est pas uniquement conakryka. Il est national. Il est systémique. Et il est évitable, à condition de sortir des interventions d’urgence à répétition.
Des chiffres qui rappellent l’ampleur de la catastrophe
Selon les données actualisées de l’Agence Nationale de Gestion des Urgences et Catastrophes Humanitaires (ANGUCH), au moins 15 personnes ont péri, dont cinq enfants, et trois autres sont toujours portées disparues. Les quartiers sinistrés s’étendent bien au-delà de Conakry, et les dégâts matériels sont nombreux : maisons effondrées, routes coupées, réseaux d’assainissement saturés, écoles inaccessibles.
Mais au-delà des chiffres, ce sont toujours les mêmes qui paient le prix fort : les plus pauvres, les oubliés, ceux qu’on laisse construire au bord des caniveaux ou sur des marécages « faute de mieux ».
« Ces pertes humaines rappellent l’urgence d’investir dans des mesures structurelles pour éviter la répétition de telles tragédies », souligne le communiqué.
De la compassion… à l’exigence d’un changement durable
Le Système des Nations Unies ne se limite pas à pleurer avec les endeuillés. Il pose quatre priorités claires, et invite l’État et ses partenaires à construire une réponse bien plus ambitieuse que le sauvetage post-catastrophe :
1. Assistance immédiate aux sinistrés et maintien des services sociaux essentiels ;
2. Relocalisation planifiée et digne des habitants des zones inondables ;
3. Renforcement durable des infrastructures de drainage et d’assainissement ;
4. Urbanisation inclusive et résiliente, intégrant les risques climatiques à la planification urbaine.
Ce message n’est pas nouveau, mais il prend un ton plus ferme, plus direct, comme un dernier avertissement.
Guterres en écho : « Des vies anéanties par la crise climatique »
Le communiqué guinéen cite un extrait saisissant d’un discours récent d’Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU :
« Pendant ce temps, des vies et des moyens de subsistance sont anéantis par la crise climatique […]. Il y va de la sécurité énergétique et de la sécurité des personnes. »
Une manière de rappeler que la Guinée n’est pas seule, mais qu’elle est en première ligne de cette guerre silencieuse qu’est le dérèglement climatique.
L’appel à la résilience communautaire
Enfin, l’ONU en Guinée insiste sur un point crucial : aucune politique de prévention ne réussira sans les communautés elles-mêmes.
« Il faut intégrer les voix et les actions précoces des populations les plus exposées », martèle le communiqué.
Il ne s’agit donc pas seulement de bétonner ou de reloger, mais d’écouter, de prévenir, de planifier avec les habitants, et non sans eux.
« Ensemble, protégeons les vies et préservons l’avenir », conclut le document.
Laguinee.info







