“Au moment où j’ai demandé aux enfants s’ils étaient en vie, le mur s’est effondré sur eux.”
Dans la nuit du mercredi 30 au jeudi 31 juillet 2025, un drame effroyable s’est produit au secteur Lenoyah, dans le quartier Soumambossia (commune de Lambanyi), à Conakry. Benjamin Kamano, seul survivant de sa famille, a vu son foyer être englouti par les eaux de ruissellement. Sa femme et ses trois filles adoptives ont perdu la vie, victimes d’une inondation déclenchée par de violentes pluies.
Il est un peu plus de minuit lorsque tout bascule. Benjamin, affaibli par la maladie, se réveille pour prendre ses médicaments. Il raconte, la voix brisée :
« Les fortes pluies ont commencé dans la nuit d’hier, à partir de 22h. Comme je suis souffrant, à partir de 00h26, je me suis levé pour prendre mes produits. Quelques instants après, le sommeil m’a pris d’un seul coup, comme ça. Un instant après, j’entends le cri des enfants. Ils disent : “Ah, papa, il y a une inondation, l’eau est rentrée.” C’est à ce moment que je me suis réveillé, et toute la maison était inondée. Le matelas, même, sous l’eau», explique-t-il chez Reflet Guinée
Pris au piège, il tente désespérément de sauver sa famille.
« Je me suis précipité pour sauver les enfants. Malheureusement, la porte ne s’ouvre que de l’extérieur. Pendant ce temps, l’eau a bloqué ma porte. Je me suis battu par tous les moyens pour sauver les enfants, mais impossible, je n’ai pas pu. Pendant ce temps, ils ne faisaient que crier. »
Le désespoir atteint son comble quand, impuissant, il assiste à l’effondrement de sa maison.
« Au moment où j’ai demandé aux enfants : “Est-ce que vous êtes en vie ? Est-ce que vous êtes en vie ?”, tout d’un seul coup, le mur s’est effondré sur eux. »
Miraculé, il parvient malgré tout à s’extraire des décombres.« J’ai subitement pris le pion du bâtiment, je me suis accroché là-bas jusqu’à ce que j’ai pu sortir pour alerter un de nos voisins, monsieur Barry. »
Avec l’aide de ce dernier, il découvre l’ampleur de la tragédie.
« À deux, quand nous sommes passés derrière la maison, on a trouvé que le bâtiment était complètement effondré. Une partie est tombée sur ma femme, qui est morte sur place. On a regardé, mais l’eau avait emporté les trois enfants aux environs de 1h du matin. »
Les victimes identifiées sont Maciré Kamano, épouse du rescapé, Maciré Kondiano, une adolescente de 17 ans. Les corps de Maciré Soumah, âgée de 5 ans, et d’une fillette de 3 ans, sont toujours recherchés à l’heure où nous écrivons ces lignes.
Malgré la douleur, Benjamin Kamano tient à remercier ses voisins pour leur aide.
« Je remercie tout le quartier pour leur assistance. Là où je suis comme ça, même les habits que je porte à présent, c’est les voisins qui me les ont donnés. Je suis vraiment brûlé comme ça. Que l’État nous vienne au secours.»
En attendant les secours publics, les citoyens du quartier continuent les recherches, à la main, dans la boue et les gravats. Ce nouveau drame relance les appels à des mesures urgentes contre l’urbanisation anarchique et l’absence de canaux d’évacuation efficaces dans les quartiers de Conakry.
La pluie, une fois encore, a tué.
Laguinee.info







