La porte s’était entrouverte. Mais à peine entrevue, la liberté s’est refermée sur Mory Camara. L’ancien Directeur général des Impôts, pourtant bénéficiaire d’une ordonnance de mise en liberté rendue le 29 juillet par la Chambre spéciale de contrôle de l’instruction (CSCI) de la CRIEF, reste en prison. Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières, Aly Touré, s’y est fermement opposé.
Une décision qui coupe court à l’espoir
Ce jeudi 31 juillet, le patron du parquet spécial a lui-même confirmé à nos confrères de Mediaguinee.com, qu’il s’était pourvu contre la décision de la CSCI. Par cet acte, le procureur suspend de fait l’exécution de l’ordonnance de mise en liberté. Mory Camara, toujours placé sous mandat de dépôt, reste donc derrière les barreaux… ou plus précisément, à l’hôpital sino-guinéen, où il est hospitalisé depuis plusieurs jours.
Un dossier explosif sur fond d’allègements fiscaux massifs
L’ex-grand argentier du fisc guinéen est poursuivi pour des faits qualifiés de très graves. Selon le parquet, rapporte notre source, il aurait consenti des allègements fiscaux colossaux à deux entreprises minières. La société ASHAPORA aurait vu sa facture fiscale passer de 800 milliards à 17 milliards de francs guinéens. Quant à la société SMFG, elle aurait bénéficié d’une réduction tout aussi spectaculaire : de 600 à 6 milliards GNF.
La Cour suprême en arbitre final
La procédure est désormais entre les mains de la Cour suprême, seule habilitée à trancher le recours formé par le procureur. Entre accusations de favoritisme fiscal, bataille procédurale et enjeux financiers majeurs, l’affaire Mory Camara s’impose comme l’un des feuilletons judiciaires les plus scrutés du moment.
Dans ce dossier aux ramifications multiples, l’ex-DG des Impôts reste pour l’instant entre les murs. Le dernier mot reviendra aux hauts magistrats de la plus haute juridiction du pays.
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