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Dinah Crazy : un artiste malvoyant qui dédie un album entier au Général Mamadi Doumbouya 

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Dans un monde où la visibilité fait souvent loi, Mamadi Traoré, connu sous le nom de Dinah Crazy, prouve que la lumière peut jaillir même dans l’obscurité. Aveugle de naissance, ce chanteur guinéen résidant à Kountia a fait de la musique bien plus qu’un refuge : une mission de vie.

Dinah Crazy, artiste-chanteur malvoyant

« Depuis d’ailleurs mon enfance, j’ai aimé l’art. J’écoutais souvent des musiques à la radio, c’est comme ça que j’ai aimé petit à petit la musique et finalement c’est devenu pour moi une passion », confie-t-il dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction www.laguinee.info.

Privé de la vue, il s’est forgé une voix. Son oreille, elle, ne l’a jamais trahi. Mieux, elle est devenue son principal instrument. C’est ainsi qu’il s’est tourné vers le chant, convaincu qu’il pouvait « laisser ses traces dans ce bas monde ».

Dinah Crazy ne se limite pas à un style. Il explore, il fusionne : mamaya, reggae, dancehall. Une richesse musicale qu’il met au service de textes inspirés et personnels. Son dernier album, “N’tômah”, est une œuvre de gratitude et d’ambition, dédiée au président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya. Douze titres, une seule volonté : être entendu. « Je pense que je suis le premier artiste guinéen à donner son album au président de la République », affirme-t-il.

S’il ne peut coucher ses paroles sur papier, il les forge dans l’oralité pure. Grâce à une mémoire auditive exceptionnelle, Dinah Crazy compose, répète, ajuste. « Je retiens, je répète, je m’y mets pour trouver une musique avec un contenu fort apprécié », explique-t-il. Et de marteler : « Il n’y a pas une personne aujourd’hui qui pourra me dire qu’il m’a appris à chanter… Je m’inspire de moi-même. Je chante, je compose. C’est mon métier, je vais le pratiquer. »

Dinah Crazy et son ami

Un métier qu’il défend avec fierté. Pas question de tendre la main sans cause. L’artiste rejette toute forme de mendicité. « Il faut apprendre un métier. Le métier ne trahit pas. Il faut se faire occuper dans la vie », insiste-t-il, avec la conviction de celui qui se bat chaque jour pour sa dignité.

Sa voix résonne dans les quartiers comme sur les scènes. Concerts, kermesses, spectacles… même le Palais du peuple l’a accueilli à plusieurs reprises d’ailleurs. « Même au palais du peuple, je suis invité pour des événements », rappelle-t-il.

Mais derrière la scène, le décor est parfois moins reluisant. Dinah Crazy déplore l’injustice et l’exploitation dont il est la cible. « Il y a plusieurs personnes qui viennent vers moi pour juste m’utiliser. Elles viennent, on prépare un concert et après c’est fini. Elles prennent l’argent et s’en vont. Ce qu’elles me donnent, je suis obligé de prendre, parce que je ne vois pas. »

Face à cette réalité, l’artiste lance un appel. Un cri du cœur au président de la transition : « J’ai besoin de l’aide de tout le monde pour que je puisse évoluer dans la musique. Mon album porte le nom du Général, c’est la première fois. Aidez-moi, mon général. »

Dinah Crazy n’est pas qu’un chanteur. Il est une voix qui refuse de se taire, un symbole de résilience pour toutes les personnes vivant avec un handicap. Et dans chaque note qu’il entonne, une promesse : continuer à chanter, coûte que coûte.

 

IAC, pour www.laguinee.info

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