Le décor est planté, les projecteurs sont braqués sur la nouvelle Constitution, pompeusement présentée au peuple par les autorités de la transition. Et pendant que la machine de vulgarisation ronronne à coups de banderoles et de discours bien huilés, l’opposition, elle, ne mâche pas ses mots. Ce samedi 19 juillet 2025, en marge de l’assemblée générale de l’UFDG, Souleymane Souza Konaté, coordinateur de la communication du parti, a décoché une salve bien sentie contre le texte en question. Et autant dire que ça pique.
« Ce n’est pas une Constitution, c’est un plan de carrière ! », balance-t-il d’entrée. Pour lui, ce projet est tout sauf une œuvre de refondation : « Il est taillé sur mesure pour un seul homme. Il ne reflète ni les espoirs du peuple, ni l’exigence d’unité, ni les valeurs de justice. C’est un texte de division, d’exclusion… une confiscation sous couvert de réforme. »
Mais le tir ne s’arrête pas llà.M. Konaté enfonce le clou : en période de transition, aucune autorité, dit-il, ne peut imposer un tel texte au pays. Et encore moins en écartant les principaux partis politiques. « L’UFDG, l’UFR, l’URPG… ensemble, c’est plus de 90 % de l’électorat ! On peut les ignorer, mais pas les effacer. Et vouloir le faire, c’est jouer avec la stabilité nationale », tonne-t-il.
Plus incisif encore, le responsable de l’UFDG accuse les auteurs du projet de vouloir faire sauter les verrous de la Charte de la transition pour mieux se repositionner : « Les articles 46, 55 et 65 interdisent au président de la transition et aux membres des organes de briguer le pouvoir. Aujourd’hui, on tripatouille, on réécrit, on maquille… Nous disons non à cette opération camouflage. »
Mais l’homme ne s’arrête pas à la critique technique. Il dégaine aussi contre les promoteurs du texte, les accusant de duplicité : « Ceux qui chantent la moralisation sont les premiers à se gaver. Villas luxueuses, fortunes éclairs, harcèlement des voix discordantes… Voilà le vrai visage du pouvoir actuel. »
Et comme si cela ne suffisait pas, Souza Konaté appelle à une large mobilisation populaire pour faire barrage à ce qu’il qualifie de « menace contre la démocratie ». Son mot d’ordre ? Résistance. « Le peuple guinéen mérite mieux. Ce texte ne garantit ni démocratie, ni transparence, ni unité. Il faut le rejeter, le combattre et le remplacer par un vrai projet de société, né du dialogue et du consensus. »
L’UFDG ne veut pas d’un futur écrit à l’encre d’un seul homme. Et elle le dit haut et fort. Reste à savoir si ce cri d’alarme sera entendu dans une Guinée où la transition semble avancer… à marche unilatérale.
Laguinee.info







