Ça chauffe entre l’UFDG et le MATD. Alors que le parti d’opposition s’apprêtait à tenir enfin son congrès tant attendu, une décision du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) est venue brouiller les cartes. Le motif ? Une plainte venue d’un mystérieux groupe baptisé « les réformateurs de l’UFDG ». Trop, c’en est trop, pour Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président du parti, qui a dénoncé, ce samedi 19 juillet, ce qu’il qualifie d’« incohérences » et de décisions « unilatérales » du ministère.
Prenant la parole lors de l’assemblée générale hebdomadaire de l’UFDG, le Dr Fodé Oussou n’a pas mâché ses mots :
« Le ministre est peut-être notre tutelle, mais l’UFDG n’est pas un service rattaché à son département. »
Et de dénoncer un manque de respect vis-à-vis de son parti, qui, selon lui, a toujours répondu présent aux convocations du ministère. Il cite en exemple la disponibilité du vice-président Kalémoudou Yansané, qui se rendrait sur simple appel au MATD. Pourtant, malgré cette collaboration, l’UFDG a reçu une lettre du ministre, fondée sur une plainte d’un groupe dont le parti ne reconnaît ni la légitimité ni l’existence administrative.
« Ce groupe n’est ni un parti, ni une ONG, ni une institution publique. Qui sont-ils pour que le ministre s’appuie sur leur courrier sans même nous entendre ? », s’est indigné Dr Fodé Oussou.
Dialogue ? Oui. Mais avec qui ?
Le vice-président s’est aussi montré très sceptique face à l’appel du ministre à un dialogue inclusif avec toutes les « sensibilités internes » du parti, y compris les réformateurs, sous l’égide d’une commission paritaire.
« Les réformateurs, c’est qui ? La commission paritaire, c’est qui ? Pourquoi dialoguer avec un groupe que nous ne connaissons pas ? », a-t-il martelé, pointant une tentative de confusion volontairement entretenue par le ministère.
Le paradoxe du congrès autorisé mais empêché
Ce qui passe mal aussi, c’est le double discours de l’État. Le MATD reprochait à l’UFDG de ne pas tenir son congrès. Mais aujourd’hui que le tribunal de Dixinn a donné son feu vert, voilà que le ministère s’y oppose.
« C’est la justice qui est compétente en cas de litige interne, pas le ministère. Pourquoi le ministre s’immisce-t-il dans un dossier déjà devant les tribunaux ? », questionne Dr Fodé Oussou.
Le message est donc clair : l’UFDG refuse d’obéir à ce qu’il considère comme une décision arbitraire et attend sereinement le verdict de la Cour suprême.
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