Figure emblématique du 7e art en Guinée, Moussa Kémoko Diakité, producteur et ancien directeur général de l’Office national du cinéma guinéen (ONACIG), a lancé un appel fort à l’endroit des autorités publiques et du secteur privé pour une collaboration accrue en faveur du développement du cinéma guinéen.
Alors que le cinéma guinéen peine à s’imposer sur la scène internationale malgré les talents émergents, le doyen estime que seule une « synergie structurée » entre l’État et les investisseurs privés permettra de poser les bases d’une véritable industrie cinématographique dans le pays. « Si on veut réussir dans la production cinématographique, c’est une synergie entre l’État et le privé », a-t-il insisté, évoquant l’insuffisance des normes et de l’accompagnement des jeunes producteurs par les institutions.
À ses yeux, nombre de projets ambitieux portés par de jeunes cinéastes n’ont pas pu aboutir faute de soutien stratégique : « Tous les jeunes qui produisent aujourd’hui, s’ils avaient les exigences de l’État, on aurait parti loin avec notre cinéma. »
Moussa Kémoko Diakité exhorte par ailleurs les commerçants, les fonctionnaires, ainsi que les responsables politiques à s’impliquer davantage dans le financement et la valorisation des œuvres audiovisuelles locales. Il suggère une prise de conscience collective : « Si certains veulent tracer une voie dans le cinéma, des commerçants, des politiques et autres se lancent là-dedans… et aux fonctionnaires qui peuvent donner un plus comme idée au gouvernement pour qu’on aide les jeunes cinéastes. »
Diplômé en cinéma à l’époque du président Ahmed Sékou Touré, le cinéaste a coréalisé le film Hyrde Diama avec l’Allemand Gerhard Hentsch, en plus d’avoir dirigé l’Office guinéen de publicité et l’ONACIG. Fort de cette double expérience institutionnelle et artistique, il cite les États-Unis comme exemple de réussite grâce à l’implication des institutions financières : « Le pays qui a le plus grand cinéma, c’est les États-Unis d’Amérique. Il n’y a pas une institution financière qui n’a pas investi dans le cinéma. Toutes les banques ont investi de façon directe ou indirecte dans le cinéma. C’est la synergie entre l’État et le privé. »
Dans un contexte où la place du cinéma dans le développement culturel et économique devient un sujet central lors des grandes rencontres internationales, cet appel de Moussa Kémoko Diakité résonne comme une invitation à refonder les bases d’une industrie cinématographique guinéenne ambitieuse, structurée et inclusive.
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