Le collectif des avocats de Dr Assyongar Masra Succès, président du parti Les Transformateurs et ancien Premier ministre de la République, a tenu un point de presse ce mercredi pour dénoncer la clôture de l’information judiciaire ouverte contre leur client, qu’ils qualifient de « procès politique maquillé en procédure judiciaire ».
Selon Maître Francis Kadjilembaye, porte-parole du collectif, l’ordonnance rendue le 15 juillet 2025 par le juge du 3e cabinet d’instruction de N’Djaména, transmettant le dossier au procureur général, ne repose sur « aucun élément nouveau ni preuve matérielle concrète » justifiant un renvoi devant une juridiction de jugement. Le collectif affirme que cette décision intervient en dépit de l’absence d’allusions explicites à Dr Masra ou à l’audio incriminé dans les dépositions des autres inculpés.
Dr Masra avait été interpellé à son domicile sans convocation préalable le 16 mai 2025 à l’aube, dans le cadre d’une enquête sur les tragiques événements de Mandakao du 14 mai. Il avait ensuite été inculpé pour diffusion de messages à caractère xénophobe, incitation à la violence, complicité d’assassinat, et tentative d’atteinte à l’ordre constitutionnel. Le collectif s’étonne que le juge ait poursuivi la procédure sans preuves probantes, notamment sans le rapport de la police judiciaire qui aurait dû établir un lien entre l’audio cité et les violences.
Les avocats rappellent que l’audio en question daterait de 2023 et que l’équivoque autour de cette déclaration avait été levée lors des Accords de Toumaï et de Kinshasa en octobre 2023. Ces engagements avaient conduit à la levée du mandat d’arrêt international le 2 novembre 2023, facilitant le retour au pays de Dr Masra et sa nomination comme Premier ministre de la Réconciliation nationale le 1er janvier 2024.
Pour le collectif, ce dossier illustre une instrumentalisation de la justice à des fins politiques, déjà reconnue par le ministre de la Communication lui-même, qui avait évoqué un « procès politique de haute facture » tout en critiquant publiquement la présence d’avocats étrangers dans l’équipe de défense.
« Nous restons sereins, déterminés à défendre le droit et la justice, dans un contexte où le droit est ouvertement bafoué », conclut Me Kadjilembaye, affirmant que la procédure judiciaire contre Dr Masra est « juridiquement vide, mais politiquement lourde de sens ».
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