La quiétude des habitants du quartier Sogbè a été brutalement troublée ce jeudi matin par une attaque armée ciblant un kiosque Orange Money. Trois individus armés ont fait irruption aux environs de 9 heures, emportant une somme estimée à 49 millions de francs guinéens et blessant une personne par balle.

La victime principale de cette attaque est Oumar Koma, gérant du kiosque visé. Encore sous le choc, il a relaté les faits avec émotion :
« Ce sont les bandits qui sont venus m’attaquer ce matin à ma boutique. Tout mon argent, y compris celui que les gens m’ont confié, ils ont tout emporté. La somme peut atteindre 49 millions », a-t-il confié, les larmes aux yeux.
Selon lui, les assaillants étaient trois jeunes hommes. L’un d’eux est descendu d’une moto pendant qu’il effectuait des opérations de retrait pour deux clients.
« Le premier client voulait 190 000 GNF, l’autre 5 millions. J’avais déjà donné l’argent du premier quand celui qui est descendu de la moto a sorti une arme et m’a braqué. J’ai essayé de sauver ce que je pouvais, j’ai donné mon sac à ma fille pour l’envoyer à la maison, mais ils ont fouillé sous mon banc et tout pris. Ils ont même détruit ma boutique », a-t-il expliqué.

Le père de la victime, El Hadj Baba Koma, très affecté, déplore non seulement l’insécurité grandissante mais aussi l’absence de réaction de la population au moment de l’attaque.
« La boutique de mon fils était au bord de la route, mais elle a été déguerpie. Ce matin, quand les bandits sont venus, personne n’est intervenu, sauf un jeune homme qui a tenté de les arrêter à près d’un kilomètre du lieu. C’est lui qui a reçu une balle et se trouve actuellement à l’hôpital. Il faut que les citoyens apprennent à être solidaires entre eux », a-t-il plaidé.
Pour lui comme pour son fils, la sécurité des citoyens et de leurs biens doit être une priorité des autorités.
« Nous n’avons rien. Le peu que nous gagnons, c’est ce que les bandits viennent prendre. Nous sommes fatigués. Les autorités doivent vraiment nous aider », a conclu Oumar Koma.
Cette attaque relance le débat sur la recrudescence de l’insécurité à Kankan et sur l’urgence de renforcer la présence des forces de sécurité dans les quartiers sensibles.
De Kankan, Karifa Kansan Doumbouya, pour www.laguinee.info







