L’école guinéenne pourrait amorcer un nouveau virage. Lors de son conseil de cabinet tenu ce lundi, le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, conduit par Jean Paul Cédy, a levé un coin du voile sur les grandes manœuvres à venir dans le système éducatif. Officiellement, il s’agissait de préparer « efficacement la rentrée prochaine conformément aux nouvelles orientations », dans un contexte post-crise où l’année scolaire écoulée est qualifiée de « réussie ».
Mais derrière cette volonté d’anticipation se dessine une réforme plus profonde. Quatre priorités ont été mises sur la table. Quatre signaux forts qui annoncent, peut-être, une restructuration du système éducatif guinéen dans ses fondements.
Première secousse : le CEE bientôt aux oubliettes ?
La question est désormais officielle : faut-il supprimer le Certificat de fin d’Études Élémentaires (CEE) ? Une hypothèse jadis taboue, désormais objet de « réflexion » au sein du ministère. Pour les partisans de la réforme, cet examen n’est plus qu’un rite de passage sans grande valeur pédagogique. Pour ses défenseurs, il reste un marqueur symbolique et un outil de contrôle du niveau des élèves à l’issue du primaire.
Deuxième chantier : le statut des enseignants en question
Autre dossier sensible : le statut particulier des personnels de l’éducation. Cette revue annoncée pourrait ouvrir la voie à une meilleure reconnaissance des enseignants, mais aussi à des ajustements dans la gestion des carrières, des affectations et des primes. Les syndicats, déjà sur le qui-vive, observeront cette réforme d’un œil attentif.
Troisième objectif : toilettage juridique de l’enseignement privé
Le ministère veut également réviser les textes législatifs et réglementaires encadrant l’enseignement pré-universitaire privé. Objectif affiché : mieux encadrer la floraison des écoles privées, harmoniser les standards et garantir une certaine équité entre public et privé. Les promoteurs d’écoles sont prévenus : l’heure des audits de conformité pourrait sonner.
Quatrième priorité : redynamiser la formation continue
Enfin, le dernier axe stratégique porte sur la redynamisation des centres de formation continue. L’État veut investir dans le renforcement des compétences du personnel éducatif, à travers des formations régulières et adaptées aux réalités du terrain.
En toile de fond, c’est une véritable refondation du système éducatif guinéen qui semble se dessiner, dans un pays où chaque rentrée scolaire devient un test pour l’État. Reste à savoir si ces annonces tiendront la route face aux contraintes budgétaires, aux résistances internes et à l’usure des réformes promises mais jamais concrétisées.
Le compte à rebours est lancé. La rentrée 2025 pourrait être plus qu’un simple retour en classe. Elle pourrait être le point de départ d’une nouvelle ère scolaire en Guinée. Ou juste… une réforme de plus dans les tiroirs ?
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