Au lendemain de la remise officielle du projet de nouvelle Constitution par le Conseil national de la Transition (CNT) au président de la Transition, les réactions politiques s’enchaînent. Parmi les voix les plus critiques, celle de Souleymane Souza Konaté, Coordinateur de la Cellule de Communication de l’UFDG et Président de la Commission Communication de l’ANAD, se distingue par son ton ferme et ses accusations sans détour à l’endroit de Dansa Kourouma, président du CNT.
Dans une tribune au vitriol, M. Konaté dénonce ce qu’il qualifie de « duplicité morale doublée d’une abdication politique » de la part de celui qui, selon lui, devrait porter la voix de l’intégrité et de l’exigence républicaine dans le processus de transition.
« Je suis loyal au Général Mamadi Doumbouya, car il a fait de moi président du Parlement de transition », a déclaré Dansa Kourouma.
Une affirmation jugée « dérisoire » par Souza Konaté, qui y voit le symbole d’une soumission au pouvoir en place, loin de la neutralité attendue d’un président d’institution.
Un flou qui inquiète l’opposition
Souleymane Souza Konaté s’indigne face à ce qu’il décrit comme un glissement dangereux vers une fidélité personnalisée, au détriment des principes républicains. À ses yeux, Dansa Kourouma donne l’image d’un homme plus préoccupé par la reconnaissance d’un poste que par le respect des engagements de la transition.
Il pointe également du doigt les contradictions apparentes entre les déclarations du président du CNT et les dispositions claires de la Charte de la transition, qui interdit toute candidature des membres des organes de la transition, y compris du Général Doumbouya.
« M. Kourouma prétend soutenir le Général dans les limites de la loi. Comprenne qui pourra », ironise Souza Konaté, soulignant le caractère flou et calculé d’une position qui, selon lui, prépare un ralliement déguisé.
Une stratégie de légitimation par l’ambiguïté ?
Pour le responsable politique, il ne fait aucun doute que Dansa Kourouma ménage ses mots afin de ne pas se fermer les portes d’un système qui chercherait à prolonger son emprise sur le pouvoir. Il l’accuse de faire partie de ceux qui, sans pousser ouvertement le président de la Transition à être candidat, se tiendraient prêts à justifier leur ralliement en prétendant avoir été « contraints » ou « entraînés par les circonstances ».
« Il a rappelé qu’il devra s’expliquer devant le peuple. Prépare-t-il déjà sa défense ? », questionne Konaté avec une pointe d’ironie mordante.
Un appel à la vérité et à la responsabilité
Dans sa tribune, l’opposant appelle Dansa Kourouma à assumer publiquement son alignement sur le régime militaire et à cesser d’entretenir le « flou artistique » autour de sa position. Il l’accuse de trahison s’il continue à « se départir de ses convictions et responsabilités ».
« Ce n’est pas le moment de se dérober. Mentir ou se taire, c’est déjà trahir », affirme-t-il.
Ce cadre de l’UFDG conclut en rappelant que la Guinée mérite une Constitution fondée sur un consensus national, élaborée à l’issue d’un véritable dialogue inclusif. Il s’insurge contre toute tentative d’imposer un texte « taillé sur mesure pour satisfaire des ambitions égoïstes ».
« Le peuple, l’arbitre, observe et prend note. Le moment venu, il rendra son verdict. Chacun sera jugé, non à ses paroles, mais à ses actes », avertit-il, dans une mise en garde lourde de sens.
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