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Mandat présidentiel de 7 ans : Faya Millimouno parle de “coup d’État constitutionnel” en Guinée

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Le débat sur la future Constitution guinéenne s’intensifie, après l’annonce du président du Conseil national de la transition (CNT), Dr Dansa Kourouma, portant la durée du mandat présidentiel à sept ans renouvelable une seule fois, contre cinq ans actuellement. Une décision justifiée, selon lui, par la volonté d’assurer une plus grande stabilité institutionnelle. Une explication que rejette fermement Dr Faya Lansana Millimouno, président du Bloc Libéral (BL), qui dénonce une dangereuse dérive politique.

« On dirait que les gens oublient notre propre histoire », prévient Dr Millimouno dans un entretien exclusif accordé à Africaguinee.com. « Nous étions déjà dans le septennat, en 2001, lors du coup d’État constitutionnel sous Conté. Cela n’a rien apporté de bon. »

« La longévité au pouvoir n’a jamais servi le peuple »

Revenant sur les précédents historiques de Sékou Touré et Lansana Conté, respectivement restés 26 et 24 ans à la tête du pays, le leader du BL balaye d’un revers de main l’argument de la stabilité. « Cette longévité n’a jamais apporté le bonheur aux Guinéens. Le Sénégal, notre voisin, est passé de sept à cinq ans. La France aussi. Pourquoi refaire les erreurs du passé ? »

Selon lui, l’extension du mandat présidentiel est un faux débat, une manœuvre politique déguisée derrière des justifications institutionnelles. « Si c’est un dictateur, sept ans, c’est trop ! Si c’est un bon dirigeant, cinq ans suffisent pour initier des réformes. »

Des menaces et pressions au sein du CNT ?

Le président du Bloc Libéral va plus loin : il affirme que les travaux du CNT sont marqués par une influence manifeste et des pressions, parfois même des menaces, à l’encontre de certains conseillers. Il cite notamment les débats autour de la suppression de la disposition interdisant aux membres du gouvernement, du CNRD et du CNT de se présenter à l’élection présidentielle. « Le jour de ce débat, l’atmosphère était électrique. C’est clair qu’il y a eu des pressions. »

À la question de savoir qui exerce ces pressions, il reste évasif mais ferme : « C’est par le forcing que beaucoup de choses ont été adoptées. Nous suivons tout de près et donnons des consignes claires à notre représentante au CNT. »

Une mise en garde contre le « parjure institutionnalisé »

Dr Faya Millimouno tire une ligne directe entre la situation actuelle et les évènements de 2020 ayant mené au troisième mandat d’Alpha Condé, qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel ». Il avertit que ne pas reconduire certaines dispositions essentielles de la Charte de la transition, notamment l’inéligibilité des membres actuels de l’exécutif, reviendrait à institutionnaliser le parjure politique.

« Alpha Condé a prêté serment et n’a pas respecté la Constitution. Le résultat ? Un coup d’État militaire. Aujourd’hui, Mamadi Doumbouya a fait la même promesse. S’il ne la respecte pas, on reproduit le même schéma. »

Une administration publique transformée en « machine de campagne »

Le président du BL accuse également l’administration publique d’avoir perdu toute neutralité. À l’en croire, elle agit déjà comme un instrument électoral au service du Général Doumbouya.

« Posez la question dans les institutions de la transition : pas 2 % des gens vous diront qu’ils ont un autre candidat. Ce sont des militants déguisés en administrateurs. On ne peut pas organiser une élection libre dans ces conditions. »

Il rejette la comparaison souvent faite avec le Sénégal, où l’administration territoriale supervise les scrutins. « Là-bas, les préfets passent par l’École nationale d’administration. Ici, ils deviennent militants dès que le régime change. »

Un référendum sous vigilance

Quant à l’éventualité d’un soutien du BL au référendum constitutionnel prévu pour le 21 septembre 2025, Dr Millimouno reste prudent : « Nous allons examiner le texte ligne par ligne. La Guinée ne peut plus être l’otage des ambitions d’un groupe. »

Le président du BL exige un processus transparent, participatif, et fondé sur le consensus national, notamment pour l’élaboration des futures lois organiques. Il dénonce les méthodes actuelles, qualifiées de « koutou koutou », qui consistent à avancer dans l’opacité et l’arbitraire.

 « Trop, c’est trop »

Faya Millimouno lance un avertissement solennel : la Guinée est à un tournant critique de son histoire politique. Le projet de Constitution, s’il est adopté dans sa forme actuelle, risque selon lui d’ouvrir une nouvelle ère d’instabilité.

« Ce pays a besoin de stabilité. Pas d’un cycle sans fin de coups d’État militaires suivis de coups d’État constitutionnels. Trop, c’est trop. »

Laguinee.info

 

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