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Togo: 7 morts et plusieurs blessés après des manifestations antigouvernementales

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Le bilan humain des manifestations antigouvernementales qui secouent la capitale togolaise depuis plusieurs jours s’alourdit. Au moins sept personnes ont été tuées et plusieurs dizaines blessées, selon un premier décompte communiqué dimanche par des groupes civiques.

Les violences, qui ont éclaté jeudi à Lomé, s’inscrivent dans un contexte de contestation contre la répression des voix critiques, la flambée du coût de l’électricité, et une récente réforme constitutionnelle controversée, perçue par les manifestants comme un nouveau coup de force du président Faure Gnassingbé pour s’accrocher au pouvoir.

Selon africanews.com, les associations de défense des droits humains affirment que les sept corps repêchés ces derniers jours dans les rivières de la ville présentent des signes de violences. « Les abus commis par les membres des forces de sécurité et des milices togolaises sont intolérables », dénoncent-elles. Aucune information précise n’a été donnée sur l’identité des victimes.

Les manifestations, rares au Togo, ont mobilisé depuis jeudi des groupes de jeunes dans plusieurs quartiers de la capitale. Barricades de fortune, pneus brûlés, rues bloquées : les scènes de protestation ont contraint de nombreuses entreprises à fermer. Selon les collectifs civiques, plus de 60 personnes ont été arrêtées entre jeudi et samedi, avec un nombre de blessés estimé à plusieurs dizaines.

Les autorités togolaises n’ont, pour l’heure, communiqué aucun bilan officiel. Dans une déclaration diffusée dimanche soir à la télévision d’État, le ministre de l’Administration territoriale, Hodabalo Awate, a salué « le professionnalisme des forces de sécurité » et félicité « la bonne conduite » des citoyens. Il a ajouté que « le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger les citoyens togolais ».

Le gouvernement, tout en confirmant la découverte de corps, affirme qu’ »aucun lien n’est établi avec les manifestations ». Un communiqué officiel indique que « les analyses médico-légales ont révélé que ces décès sont survenus par noyade », sans plus de précisions.

Interrogé par l’AFP, David Dosseh, porte-parole du mouvement « Front Citoyen Togo Debout », a réagi en soulignant : « Nous sommes dans un pays où les citoyens ont encore le droit de sortir, de s’exprimer. » Il appelle à une mobilisation pacifique mais résolue face à ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire ».

Faure Gnassingbé, 59 ans, est au pouvoir depuis 2005, après avoir succédé à son père, Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant 38 ans. La récente réforme constitutionnelle, votée en avril par le Parlement sans consultation populaire, permet notamment au président en exercice de briguer deux nouveaux mandats de cinq ans à partir de 2025, malgré ses deux décennies déjà passées à la tête de l’État.

Vendredi et samedi, les tensions sont montées d’un cran. Des affrontements sporadiques ont opposé des jeunes manifestants aux forces de l’ordre. Amnesty International a, de son côté, dénoncé des cas de « torture » présumée infligée à certains manifestants arrêtés, notamment des jeunes.

Le calme restait précaire dimanche soir dans certains quartiers de Lomé, sous surveillance policière renforcée. Les organisateurs de la contestation appellent à de nouvelles mobilisations dans les jours à venir.

Aucune enquête indépendante n’a encore été annoncée pour faire la lumière sur les circonstances des décès recensés.

Laguinee.info

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